Sarahah, l’appli saoudienne qui conquiert l’Occident

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En moins de trois mois, l’application aurait séduit plus de 14 millions d’utilisateurs à travers le monde. Parmi eux, une majorité d’adolescents adeptes des conversations anonymes.

Rares sont les applications mobiles orientales à caracoler en tête de l’App Store. Sarahah, conçue en Arabie saoudite, fait exception à la règle. Lancée en version iOS le 13 juin dernier, l’application a devancé ces dernières semaines Snapchat, WhatsApp, Instagram ou encore Messenger en nombre de téléchargements. Après avoir progressivement conquis le Liban, la Tunisie et l’Égypte, elle se propage désormais comme une traînée de poudre aux États-Unis et en Europe.

Le service mobile offert par Sarahah suit le même principe que le site Web éponyme, créé en 2016. Il propose l’envoi de messages anonymes pour encourager la spontanéité, l’ouverture et la franchise. L’échange reste limité, puisqu’il est impossible de répondre à d’éventuels mots doux reçus. La recette aurait déjà séduit plus de 14 millions d’utilisateurs à travers le monde, selon son créateur.

Une fois leur profil créé sur Sarahah, les adolescents peuvent inviter leurs amis à laisser un message anonyme à leur propos, leur faire un compliment ou leur avouer un secret. Propice à la confession, l’anonymat a néanmoins ses inconvénients. Comme d’autres services similaires au succès éphémère, tels Whisper, Secret, ou Yik Yak, application à ragots disparue en mai, Sarahah doit faire face à un afflux de messages intimidants, menaçants, voire insultants. Son fondateur, Zain al-Abidin Tawfiq, affirme avoir pris les devants. Des options de filtrage de contenus par mots-clés ou la possibilité de bloquer un utilisateur désobligeant sont envisagées.

Par Elsa Trujillo (Le Figaro)