Interview. La révolution des formations en ligne pour tous expliquée par un expert

100
Crédits photo : Dusault.

L’avènement des NTIC et de la dématérialisation des données a contribué à l’évolution des systèmes éducatifs dans le monde. Les formations en ligne ouvertes à tous (Massive open online courses – MOOC) sont l’un des aspects concrets de l’évolution de l’apprentissage à l’ère du 2.0.

Ces cours, généralement d’un niveau universitaire, sont diffusés sur internet gratuitement et libres d’accès, quoique certains sont payants du fait qu’ils offrent une certification aux participants. Aucun prérequis n’est exigé, et le nombre d’inscrits par cours peut varier d’une vingtaine à plus d’un millier. Afin d’en savoir plus sur ce nouvel outil d’apprentissage, H24Info a contacté Philippe Borremans, consultant en relations publiques et formateur agréé auprès de nombreuses universités nationales et internationales.

H24info: Comment bien réussir sa formation MOOC ?

Philippe Borremans: Plusieurs prérequis sont nécessaires pour offrir un bon cours en ligne, étant donné que la plupart des étudiants ne vont pas étudier toute la journée comme dans une école physique. Le cours doit donc être structuré en petits chapitres. Par exemple, dans mes cours en ligne pour les professionnels de la communication, j’utilise des chapitres d’environ 10 minutes. Cela permet à mes élèves d’apprendre en déplacement, que ce soit en voyageant, en avion ou en pause-déjeuner. Mais bien sûr, s’ils le veulent, ils peuvent également suivre plusieurs chapitres l’un après l’autre pendant une période plus longue. L’objectif est de créer un cours flexible, adapté aux élèves.

Les vrais cours en ligne impliquent le professeur et les étudiants. Cela signifie que, outre la diffusion de présentations, de vidéos et de sons, le cours intègre également d’autres fonctionnalités interactives. La plupart du temps, on trouve un forum en ligne au sein des cours où les élèves peuvent interagir entre eux ainsi qu’avec l’enseignant. Les sondages et les tests rapides sont également intégrés. Personnellement, j’aime aussi intégrer une vidéoconférence en direct de temps en temps pour rencontrer les élèves face à face.

L’un des points importants dans la réussite d’un MOOC se traduit par la facilité d’usage de la plateforme utilisée, qui doit être flexible et toujours en ligne. De plus, le cours devrait être accessible via PC, Mac et même sur les appareils mobiles.

Quels sont les avantages et les inconvénients des formations MOOC ?
L’avantage d’un cours en ligne est qu’il est toujours disponible. Les étudiants peuvent apprendre à leur propre rythme. Ils ont la possibilité d’organiser leur apprentissage où et quand ils le souhaitent. Un autre avantage est que le cours reste en ligne et que les étudiants peuvent avoir accès aux données et informations des cours même après avoir terminé la formation. Tout est enregistré et disponible sur la plateforme, ce qui n’est pas le cas lors d’une conférence universitaire.

Toutefois, cela peut être un inconvénient pour certains étudiants, dans la mesure où il n’y a pas de pression d’autres étudiants ou de l’enseignant comme dans un environnement scolaire physique. Mais encore une fois, la plupart des étudiants sont très motivés à suivre un cours spécifique.

Pourquoi les gens sont-ils encore réticents vis-à-vis des MOOC ?

Aujourd’hui, nous partageons tellement d’informations sur les réseaux sociaux et sur le Web, mais nous trouvons encore étrange le fait d’apprendre et d’enseigner en ligne. Je pense que cela est normal, car nous avons appris et enseigné dans le même format depuis plus d’un millier d’années. Il faudra un certain temps pour changer cela. Personnellement, je pense qu’une bonne combinaison de formation en face à face et d’apprentissage en ligne constitue une combinaison puissante à exploiter dans l’enseignement et le partage du savoir.

N’oublions pas l’impact que les cours en ligne pourraient avoir ici, au Maroc, ainsi que sur le continent africain. Ils sont peu coûteux, flexibles et accessibles depuis n’importe où. J’aimerais voir plus d’initiatives locales dans ce domaine. Comme l’avait dit l’ancien secrétaire général des Nations unies, Kofi Annan: «La connaissance est le pouvoir. L’information est libératrice. L’éducation est la prémisse du progrès dans chaque société».

Philippe Borremans, consultant en relations publiques et formateur agréé auprès de nombreuses universités nationale et internationale.

Bio express

Philippe Borremans est consultant en relations publiques et formateur agréé. Auparavant, il était directeur de stratégie chez PR Media, une agence de relations publiques basée à Casablanca. En Europe, il a été directeur principal des médias sociaux et coordinateur de la RSE au Van Marcke Group. Avant cela, il détenait plusieurs postes de communication chez IBM, y compris les relations publiques et les communications en ligne. Tout au long de sa carrière, il a travaillé à la fois en interne et en agence. Il est par ailleurs chargé de cours dans plusieurs universités, dont l’Université Internationale de Casablanca et l’ISCAE.