BMW Nine T, une famille très vintage

Surfant sur la vague néorétro, BMW propose désormais une gamme de cinq nineT, toutes plus inspirées les unes que les autres.

Dévoilée en 2013, dans le cadre du concours d’élégance de la Villa d’Este, la R nineT (prononcez «ninety» pour quatre-vingt-dix en français), est née pour célébrer les 90 ans de BMW Motorrad, la branche moto de la firme à l’hélice. Avec son moteur flat-twin refroidi par air et sa transmission par cardan, ce roadster perpétue en effet l’architecture de la R32, première BMW de l’histoire. Le coup de génie de la marque fut de marier un style irrésistiblement vintage avec une conception moderne, générant un plaisir de pilotage tout à fait contemporain. Fort du remarquable succès remporté par cette machine néorétro, BMW a décidé d’en décliner plusieurs variantes dont un roadster épuré, un scrambler, un café racer et un trail. Aujourd’hui, l’appellation R nineT ne désigne donc plus une seule moto, mais une véritable gamme riche de cinq modèles. Chacune possède sa propre personnalité, ainsi que nous avons pu le constater en passant d’un guidon à l’autre.

Une version originale raffinée

La première R nineT était un coup d’essai qui s’est rapidement transformé en coup de maître. Jouant sur la fibre nostalgique, elle a néanmoins fait souffler un véritable vent de fraîcheur sur la très sérieuse gamme du constructeur allemand. Cette BMW inspirée du passé s’est avérée extravertie et personnalisable à l’envi. Le pari était risqué, mais, les clients se sont vite retrouvés sur liste d’attente. Trois ans après son lancement, la R nineT originale évolue en douceur. Outre un moteur conforme à la norme Euro 4, moins exubérant dans le premier tiers du compte-tours, le millésime 2017 reçoit une fourche inversée entièrement réglable, de nouvelles jantes à rayons et des compteurs séparés. La belle continue de se distinguer par un réservoir en aluminium, disponible en option sur les autres versions. Dans le club des cinq, c’est incontestablement la plus raffinée et la plus affûtée. Pour preuve, sa fourche et ses freins radiaux dignes d’une sportive.

Un Scrambler en campagne

Les responsables de BMW n’auront pas tardé à comprendre que le concept nineT était un filon qu’il fallait exploiter. Du roadster, ils ont d’abord décliné un scrambler. Comme ces routières sommairement préparées pour sortir des sentiers battus apparues dans les années 1960, la nineT Scrambler arbore fièrement une fourche classique à soufflets, un échappement surélevé et des pneus à gros crampons. Notre exemplaire d’essai est chaussé de Metzeler Karoo 3, montés sur des roues à rayons. Ces enveloppes tout-terrain perturbent la conduite sur bitume, a fortiori lorsqu’il est humide. Les suspensions à débattements augmentés de 5 mm à l’avant et 20 mm à l’arrière portent la hauteur de selle à 820 mm (+ 35 mm), ce qui peut gêner les petits gabarits. La position de conduite est relax et, même si la selle n’est pas plus rembourrée que celle du roadster, le confort s’avère sensiblement meilleur.

Un Racer très corsé

La Racer, troisième déclinaison de la nineT, est une superbe interprétation du genre café racer, machine sportive en vogue dans les années 1970 conçue pour se rendre le plus rapidement possible d’un bar à un autre. Les guidons bracelets, le petit carénage tête de fourche, la selle à dosseret et les commandes aux pieds reculées subliment son look, mais influencent considérablement la position de conduite qui devient éprouvante sur long trajet. La tête au-dessus des compteurs, le pilote fait corps avec la machine mais il se retrouve en appui prononcé sur ses poignets, vérifiant l’adage selon lequel il faut souffrir pour être beau. Cette version hautes performances n’a pas droit à la fourche inversée, aux étriers de freins radiaux et à l’échappement Akrapovic de la nineT originale.

La moto à l’état Pure

La Pure va à l’essentiel. Débarrassé du superflu, ce roadster minimaliste n’en est pas moins attachant. Comparées à la nineT originale, ses suspensions plus souples sont moins rigoureuses mais plus confortables. Les roues à bâtons font moins rétro que celles à rayons, mais elles ont l’avantage d’être équipées de pneus tubeless. Il faut, comme avec le Scrambler et l’Urban G/S, composer avec l’absence de compte-tours, et se contenter du simple silencieux BMW, mais sa sonorité grave vaut bien celle de l’Akrapovic. D’autant que, grâce au clapet piloté, il s’avère très bavard, presque trop sur long trajet. À partir d’une base aussi simple que celle de nineT Pure, le programme de personnalisation proposé par BMW prend tout son sens.

L’aventure en Urban G/S

Dernière arrivée en concession, la nineT Urban G/S évoque la mythique R 80 G/S de 1980, G/S pour «Gelände/Strasse» (tout-terrain/route, en français). Moto qui s’est brillamment illustrée au Paris-Dakar avant de devenir l’icône du motard en quête d’aventure. Le masque de phare, la selle orange et les décors bleus apposés sur le réservoir blanc constituent de sympathiques clins d’œil à la première G/S. À nos yeux, les roues à bâtons sont une faute de goût que l’on peut corriger en optant pour l’option roues à rayons. La roue avant de 19 pouces et les débattements de suspensions augmentés rapprochent les sensations de conduite de celles ressenties au guidon de la Scrambler. La différence est une question de style et de culture.