Bentley Continental GT, une révolution bien discrète

Plus légère, plus puissante, encore mieux équipée, la nouvelle version du coupé britannique est également plus performante.

Il n’est jamais facile de décider par quoi commencer à propos d’une voiture de grand luxe, surtout quand celle-ci se renouvelle. La finition, forcément hors du commun? Le moteur, toujours une merveille de mécanique? La ligne, normalement à couper le souffle? Commençons par ce qui ne se voit pas, la structure. Elle fait appel pour cette nouvelle «Conti GT» à une plate-forme cousine de celle de la dernière Audi A8, fabriquée en acier et surtout en aluminium. Les formes de la voiture ont, pour leur part, été créées grâce à une technologie issue de l’industrie aéronautique: l’aluminium est chauffé à plus de 500° C puis les panneaux sont moulés par de l’air comprimé. La porte de coffre fait appel à un matériau composite dans lequel ont été incluses toutes les antennes du véhicule. Selon Bentley, l’optimisation de l’usage de différents matériaux se traduirait par un gain de 85 kg, soit, toujours d’après le constructeur, près de 20% par rapport à une structure totalement en acier. Le réseau électrique passe en 48 volts pour assurer certaines fonctions, notamment la gestion de la suspension et la «réponse châssis» qui lui est associée.

Le moteur W 12? Deux V6 accolés

Ainsi allégée, la Conti se révèle légèrement plus performante que le précédent modèle en version GT Speed de 2012. Son inépuisable W 12, d’une cylindrée de 6 litres, développe maintenant 635 ch (au lieu de 616 sur la Speed) pour un couple titanesque de 900 Nm. Cette architecture, deux V6 accolés, permet, selon la marque, un gain de 24% de la longueur du bloc par face à un habituel V 12. Le groupe est couplé à une transmission double embrayage à huit rapports. La vitesse de pointe s’établit à 333 km/h et elle abat le 0 à 100 km/h en 3,7 s, soit seulement 3 km/h et 0,2 s de moins que la déclinaison Supersport de 710 ch: une allure de Formule 1 et des accélérations de moto. Des versions V8 et hybrides devraient logiquement compléter la gamme.

Une tolérance d’ajustage de 0,1 mm

Passons maintenant à l’intérieur de ce superbe monstre. Il fait toujours la part belle au cuir, au bois (10 m²) et au chrome. On achète aussi une Bentley pour l’indéniable et indémodable atmosphère de club anglais que son habitacle dégage. Le constructeur met l’accent sur sa qualité de fabrication, avec des tolérances d’ajustage de moins de 0,1 mm (l’épaisseur d’un cheveu). Le reste de la technologie est à la hauteur. Un écran tactile de 12, 3 pouces de qualité «Retina» permet l’accès aux différentes fonctions. Il pivote vers l’intérieur de la planche de bord, où il se dissimule quand on n’a pas besoin de lui. Cela évoque une certaine voiture d’espion , également britannique, dont nous ne citerons pas la marque pour ne pas brouiller les pistes. Outre la débauche d’automatismes en tout genre, l’équipement le plus spectaculaire demeure l’installation audio de Conti GT. En standard, elle est déjà dotée de 10 haut-parleurs et délivre une puissance de 650 watts. Mais si l’on opte pour le haut de gamme Naim, le cockpit se trouve pourvu de 18 haut-parleurs et la puissance grimpe alors à 2 200 watts. Une vraie salle de concert.

 

Lignes tendues et nouveaux feux arrière

Reste enfin l’esthétique de ce coupé. Les lignes se sont tendues et de nouveaux feux signent l’arrière: on aimera ou pas. Elles demeurent fort classiques et ne s’éloignent guère de celles de la précédente mouture. L’auto doit plaire en Grande-Bretagne, mais également aux automobilistes américains et chinois, toujours grands amateurs de véhicules haut de gamme. Ceux qui ne sont sensibles ni à l’ambiance de l’habitacle ni à la sportivité qui émane du label Bentley pourront toujours se tourner vers d‘autres choix, loin d’être indignes, tels ceux proposés par le trio premium germanique, Audi, BMW et Mercedes. Pour Rolls-Royce, il s’agit d’un autre univers, beaucoup plus exclusif.