Ushuaïa, la ville du bout du monde où la journée de jeûne est la plus courte sur Terre

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Ushuaïa est une ville aux confins de l’antarctique qui fait rêver les amoureux de l’aventure extrême. C’est aussi la ville où les quelques musulmans qui y vivent observent la journée de jeûne la plus courte au monde.

En ce début de Ramadan à Ushuaïa, le jeûne commence à 6:23 et il est rompu environ 12 heures plus tard.

La durée de jeûne va se réduire encore plus à la fin du mois de Ramadan avec l’avancée de l’automne dans ces contrées méridionales du globe.

Située sur la mythique Terre de feu à l’extrême sud de l’Argentine, Ushuaïa est connue comme la ville habitée la plus au sud du monde. Elle donne sur le canal de beagle, qui relie l’atlantique au pacifique. De l’autre côté du canal, il y a le Chili.

Sa réputation émane du fait qu’elle se trouve à moins de 1000km de l’antarctique et à 4000km du pôle sud et de, ce fait, elle est la dernière escale des scientifiques qui explorent le continent blanc et des aventuriers de l’extrême.

Selon l’Union arabe d’astronomie et des sciences de l’espace, il est des années où la journée de jeûne à Ushuaia dure seulement 7 heures, lorsque le mois de ramadan coïncide avec la saison hivernale qui couvre les mois de juin à août dans l’hémisphère sud de la planète.

Plus au nord dans l’immensité de la Patagonie argentine, à Comodoro Rivadavia (1800 km au sud-ouest de Buenos Aires), vit une petite communauté composée d’une quarantaine de personnes qui professent le crédo musulman. Elles observent des journées de jeûne relativement plus longues et se retrouvent dans un centre culturel mis à leur disposition par la mairie de cette petite ville pour rompre le jeûne en y invitant les membres des autres communautés religieuses.

La mosquée la plus méridionale du monde se trouve plus au nord dans la localité de El Bolson, aux pieds de la cordière des Andes proche de la frontière avec le Chili.

Elle a été fondée par un argentin converti à l’Islam et devenu un Cheikh soufi de la Tariqa Naqchabandiya, Abdul Rauf Felpete.

Selon Felpete, il y aurait 1,5 million de musulmans en Argentine, en majorité des descendants de migrants arabes arrivés au pays à la fin du 19ème siècle et au début du 20ème.

 

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A Buenos Aires, cette communauté dispose du plus grande centre islamique d’Amérique Latine avec une salle de prière pouvant contenir 2000 fidèles, des salles de réunions, une bibliothèque et une école primaire ou sont scolarisés quelque 300 élèves.

En temps normal, pendant le mois de Ramadan, le centre se transforme en espace de convivialité de tous les musulmans de Buenos Aires, qui y viennent pour rompre le jeûne en communauté et accomplir la prière des Tarawih.

Mais cette année, avec les restrictions décidées par les autorités du pays à cause de la deuxième vague de la pandémie, le centre est très peu fréquenté.

La présidente de l’Institut Islam pour la paix, Amal Khalil Kablan, a expliqué à la MAP que le fait d’être musulman en Argentine est à la fois « un privilège » et un « défi », surtout pendant le mois de Ramadan.

Un privilège parce que les musulmans en Argentine, notamment les femmes, bénéficient d’une grande liberté, en comparaison avec d’autres pays non musulmans, pour pratiquer leur foi sur les lieux de travail ou dans les espaces publics.

Ce privilège consiste aussi à parler librement de cette foi que nous professons et des significations spirituelles de nos rites sans crainte d’être jugés.

C’est aussi un défi, a-t-elle dit, parce que « nous n’avons pas les mêmes commodités disponibles dans les pays musulmans » qui permettent de vivre dans une communion totale des moments importants comme le mois de Ramadan.