Libye: le Parlement appelle à retirer sa légitimité au gouvernement à Tripoli

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Le président du Parlement libyen, Aguila Saleh, Crédit: DR

Le président du Parlement libyen, Aguila Saleh, a appelé samedi la communauté internationale à retirer sa légitimité au gouvernement d’union nationale (GNA) basé à Tripoli et reconnu par l’ONU, après des accords controversés signés avec la Turquie.

Plongée dans le chaos depuis la chute du régime de Mouammar Kadhafi en 2011, la Libye est en proie à des luttes d’influence et deux autorités se disputent aujourd’hui le pouvoir: le GNA à Tripoli (ouest) et un gouvernement et un Parlement acquis au maréchal Khalifa Haftar dans l’est libyen.

Le Parlement élu siégeant dans l’Est est aussi affaibli par des divisions après le départ d’une quarantaine de députés anti-Haftar pour Tripoli.

M. Saleh, un allié de M. Haftar, est en déplacement à Chypre pour examiner les répercussions de deux accords signés fin novembre entre la Turquie et le GNA.

Le premier permet à Ankara de faire valoir des droits sur des vastes zones en Méditerranée orientale riches en hydrocarbures, au grand dam de la Grèce, de l’Egypte, de Chypre et d’Israël.

 

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Le second accord porte sur l’aide que la Turquie pourrait apporter au GNA dans sa lutte contre les troupes du maréchal Haftar qui ont lancé en avril une offensive pour s’emparer de Tripoli. Le maréchal Haftar est lui soutenu par l’Egypte, les Emirats arabes unis et la Russie.

« Dans les prochains jours, le Parlement libyen entreprendra une action en vue d’obtenir un retrait de la reconnaissance internationale à ce gouvernement », a déclaré à l’AFP à Nicosie M. Saleh.

Il a ajouté avoir demandé au chef de la diplomatie chypriote Nicos Christodoulides de « transmettre un message à l’Union européenne (UE) pour qu’elle retire sa reconnaissance à ce gouvernement (…). Il est temps de former un nouveau gouvernement soutenu par le peuple et le Parlement libyens ».

 

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Membre de l’UE, Chypre n’entretient aucune relation diplomatique avec la Turquie qui occupe la partie nord de l’île divisée. Les deux pays sont en profond désaccord sur la question des ressources énergétiques au large de l’île.

Le GNA « veut pousser à une colonisation turque de la Libye », a accusé M. Saleh en renouvelant son opposition à l’accord « illégal » avec Ankara.

Il n’a pas exclu le possibilité d’une intervention d’autres pays en Libye si la Turquie envoie des troupes au côté du GNA. « Tous les pays ont mis en garde la Turquie contre toute intervention. Ils ne veulent pas d’un conflit (régional) ».