Vidéo. Ligne Casablanca-Agadir: et si le Maroc optait pour le TGV chinois ?

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La ligne à grande vitesse, longue, de 1 800 kilomètres relie Lanzhou à Urumqi, capitale du Xinjiang. Peter Park, AFP

Li Changlin, l’ambassadeur de Chine au Maroc, n’est pas allé par quatre chemins. L’Empire du Milieu veut décrocher le contrat de développement d’une nouvelle ligne TGV au Maroc. Après avoir choisi l’expérience française – l’une des meilleures au monde -, le Royaume cédera-t-il aux sirènes de la technologie chinoise qui veut se positionner comme prochain leader du train à grande vitesse dans le Monde ? 

Les déclarations du diplomate chinois, Li Changlin, témoignent des ambitions du pays qui se lance aujourd’hui à l’assaut du marché international avec une offre moins chère et des options de financement proposées en parallèle par les banques d’État chinoises, de quoi séduire les plus sceptiques. Que vaut réellement le TGV chinois ? Est-il adapté aux besoins du Maroc ? Voici quelques certains éléments de réponse.

Plus grand réseau ferroviaire au Monde

La Chine s’est dotée du plus grand réseau ferré à haute vitesse au monde en l’espace de dix ans seulement. En 2002, le pays adopte un projet gigantesque étalé sur quinze ans et aujourd’hui, le réseau chinois est devenu le plus grand au monde avec plus de 144.000 km de voies en juillet 2020 dont près de 39.000 km de voies à grande vitesse. Son réseau transporte à lui seul près d’un milliard et demi de voyageurs par an et compte 60% des lignes hautes vitesses mondiales. Sous la bannière CRH (China Railway High speed), le TGV chinois est devenu l’égal technologique des constructeurs occidentaux.

Une technologie bien rodée

La Chine a investi dans la recherche et développement pour créer une génération de TGV capables de rouler à 380 km/h. En 2010, un modèle conçu et fabriqué de manière autonome par China South Locomotive voit le jour. Ce train a effectué la même année un essai sur un tronçon de la Beijing-Shanghai et atteint une vitesse record de 486,1 km/h. Depuis la mise en service, il y a dix ans, il parcourt les 1.300 km de distance qui séparent Beijing et Shanghai en seulement quatre heures.

Une offre moins coûteuse

Sur le marché international, la Chine, dernière puissance du train à grande vitesse, fait déjà figure de grand challenger, grâce à des capacités technologiques mais aussi commerciales. En effet, l’Empire du Milieu offre des coûts plus bas que ses concurrents, la China South Locomotive bénéficiant du soutien de l’État et des banques chinoises.

Et si on parlait compatibilité ?

Pour sa première ligne de TGV, le Maroc a opté pour l’expertise française. Construit par Alstom, “Al Boraq” relie Tanger à Casablanca. Aujourd’hui, l’un des grands projets ferroviaires du Royaume est le développement d’un réseau de trains rapides. Il s’agit dans un premier temps de deux nouvelles lignes: Casablanca-Marrakech et Marrakech-Agadir.  Dans sa vision globale, le Maroc n’exclut pas d’autres lignes comme Casablanca-Rabat. Un autre partenaire, pourrait-il entrer en lice? L’introduction d’une technologie différente, est-elle compatible avec l’actuelle ligne de TGV? En pratique, les lignes devront fonctionner de manière autonome, l’une indépendante de l’autre, peu importe la technologie utilisée. En Allemagne où l’État n’a plus le monopole des chemins de fer, une cinquantaine d’entreprises gèrent le transport de passagers.

Des trains hyper-équipés et ultra-connectés

La nouvelle génération du TGV chinois possède un système d’auto-conduite qui permet au train d’ajuster sa vitesse en fonction de l’horaire prévu de ses arrêts en gare avec les contraintes propres à chacun de ses arrêts. Ce train est bardé de capteurs analysant en temps réel sa bonne marche et détectant les éventuelles anomalies. Un système d’alerte en cas de tremblement de terre et de surveillance des catastrophes naturelles font partie de son système « intelligent » de pilotage. Les rames sont même équipées pour les futurs réseaux mobiles 5G. À l’intérieur, les passagers peuvent recharger leurs téléphones via des chargeurs sans fil, et chaque siège possède sa propre tablette tactile.

Le TGV français à l’affût

Le Chine devra enfin sortir le grand jeu pour séduire le Maroc et damer le pion à Alstom. Profitant d’une expertise et d’un savoir-faire d’au moins 40 ans, le TGV « made in France » reste toujours le favori pour remporter les prochains contrats au Maroc. Malgré des hauts et des bas, les relations franco-marocaines sont – pour reprendre les paroles d’un ancien diplomate français – séculaires et empreintes d’un esprit d’amitié et de partenariat. En plus, le Royaume n’a pas choisi la France uniquement par amitié, mais aussi pour la fiabilité de l’industrie ferroviaire tricolore.

Les chiffres clés du mastodonte chinois

  • 46 filiales et plus de 180.000 employés
  • 200 trains à grande vitesse produits chaque année, contre 35 pour Siemens-Alstom
  • 30 milliards de dollars de chiffre d’affaires par an
  • Des produits vendus dans 102 pays. En 2016, le groupe a vendu plus de 840 wagons à la mairie de Chicago, soit la moitié de la flotte de la ville pour 1,3 milliard de dollars.

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