Le Venezuela se rapproche de la faillite

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Le vice-président du pays, dont la dette est évaluée à 155 milliards de dollars, a donné rendez-vous à ses créanciers le 13 novembre.

Combien de temps encore le Venezuela, plongé dans une crise politique et économique sans précédent, parviendra-t-il à rembourser ses créanciers? Pour tenter de repousser l’échéance d’un défaut de paiement qui enfoncerait encore davantage son pays, à l’image de l’Argentine en 2001, le président Nicolas Maduro a annoncé jeudi soir une restructuration de la dette. Celle-ci est évaluée à 155 milliards de dollars. La plupart des créanciers du Venezuela sont des fonds et des banques américaines, explique Christopher Dembik, économiste en chef de Saxo Bank et bon connaisseur du pays sud-américain.

Malgré les affirmations de Caracas, qui assure rembourser ses dettes en temps et en heure, les détenteurs d’obligations de la compagnie nationale pétrolière PDVSA n’ont pas reçu un paiement de 1,2 milliard de dollars dû ces jours-ci. Le gouvernement Maduro invoque un simple problème technique.

Fonds vautours

Le vice-président Tareck El Aissami («l’un des chavistes les plus durs du régime», dixit l’économiste Christopher Dembik) a été chargé de mener les négociations avec les créanciers pour obtenir un allégement de l’ardoise. Vendredi, il les a conviés à une première séance de «renégociation de la dette», le 13 novembre.

Selon Dembik, «les créanciers n’auront d’autre choix que d’accepter une décote». Car l’alternative serait la perte de la totalité de leur mise. L’expert de Saxo Bank s’attend à ce que des fonds vautours s’invitent dans un deuxième temps pour racheter des créances à bas prix. Si PDVSA, la vache à lait de l’État, ne parvenait pas à rembourser ses dettes, l’un des effets collatéraux embarrasserait les États-Unis. La compagnie vénézuélienne, via sa filiale Citgo, possède deux importantes raffineries au Texas et en Louisiane. Au terme d’un accord avec le géant russe Rosneft, qui a prêté entre 4 et 5 milliards de dollars au Venezuela, en cas de défaut de paiement de PDVSA, la compagnie russe pourrait prendre le contrôle des deux raffineries aux États-Unis