Tourisme: cinq chiffres à retenir d’une saison estivale chaotique

La place Jamae Lefna à Marrakech désertée par les touristes. Crédit: DR.

La saison estivale 2020, marquée par la pandémie du Covid-19, est l’une des pires qu’a connue le Maroc. En chiffres, cela se traduit par des baisses sans précédent, sur lesquelles le royaume compte travailler au moins deux ans pour les inverser.

 

  • De 6 à 11 milliards de pertes

Un rapport de la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (Cnuced) publié en juillet affirmait que sur une liste de 15 pays, l’industrie touristique marocaine est la 7e la plus touchée par la crise du Covid-19. Le rapport prévoyait ainsi 6 milliards de dollars de pertes, pouvant aller jusqu’à 11,37 milliards de dollars de pertes dans le pire des cas de figure.

Plus récemment, une note publiée par la Direction des études et des prévisions financières (DEPF) souligne que le secteur touristique, qui a connu une baisse de sa valeur ajoutée de 7% au premier trimestre 2020, après une hausse de 2,9% il y a un an, continue d’afficher des retraits importants au niveau de ses recettes.

 

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Celles-ci ont cumulé une baisse de 71,7% au titre du deuxième trimestre 2020, soit une perte de 11,8 milliards de dirhams. Au terme des six premiers mois de 2020, ce recul est de 33,2%, à savoir 11,1 milliards de dirhams.

 

  • 50% de perte d’emplois

Les importantes pertes se traduisent par une baisse de 69% pour les arrivées touristiques et de 60% pour les recettes en devises. Elles impactent inévitablement le marché du travail, avec un impact estimé à environ 50% de perte d’emplois.

 

  • 2.000 DH d’indemnités

La Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS) lance, dès ce mardi, un portail électronique réservé à la déclaration des salariés des entreprises du secteur touristique et des professionnels éligibles à l’indemnité forfaitaire financée par le Fonds spécial covid-19.

Désormais, les entreprises pourront déclarer leurs salariés et les stagiaires sous contrat insertion pour bénéficier d’une indemnité mensuelle de 2000 DH, durant la période allant du 1er juillet à fin décembre 2020.

Cette mesure concerne les salariés et les stagiaires des établissements d’hébergement classés, des agences de voyage et des sociétés de transport touristique, ainsi que les guides touristiques affiliés à la CNSS.

Pour pouvoir profiter de ce soutien, le chiffre d’affaires de l’entreprise doit présenter une baisse d’au moins 25%, de même que celle-ci doit s’engager à maintenir au moins 80% des postes d’emplois.

 

  • Une reprise espérée en… 2022 

Pour pallier cette importante crise, un contrat-programme a été mis sur pied pour que le secteur puisse se redresser dès 2022, avec des chiffres semblables à ceux enregistrés en 2019.

 

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Le contrat-programme vise ainsi à privilégier le maintien de l’emploi et à soulager la trésorerie des entreprises, avait expliqué la ministre du Tourisme, de l’artisanat, du transport aérien et de l’économie sociale, Nadia Fettah Alaoui.

 

  • 13 millions de visiteurs en 2019

C’est le nombre record de touristes qui se sont rendus au Maroc en 2019. Cette année-là, les recettes touristiques avaient atteint 78,6 milliards de dirhams (7,41 milliards d’euros), contre 73,04 milliards de dirhams (6,89 milliards d’euros) une année auparavant.