Safi: l’industrie de la sardine en péril

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Alors qu’un important cluster y a été découvert il y a quelques jours dans une usine de transformation de poisson, la ville de Safi est placée en quarantaine depuis ce week-end, mettant en péril l’économie de la sardine et de la pêche du petit pélagique prééminente dans la ville côtière.

L’industrie de la conserve de poisson est condamnée à fermer, titre ce matin L’Economiste pour parler de la ville de Safi qui a vu se développer dans l’une de ses usines de transformation un foyer de contamination de plusieurs centaines de cas. Ceci intervient alors même que la saison de production de la sardine vient à peine de démarrer pour durer jusqu’à décembre, selon l’Office national de pêche.

La sardine prédomine à hauteur de 90% dans l’activité des conserveries de la zone de Safi, poursuit le quotidien. L’arrêt de l’industrie laisse présager des pertes considérables en termes d’emploi et de valorisation.

De plus, 90 à 95% du secteur de la conserve de poisson est destiné à l’export, ce qui mettrait en porte-à-faux de nombreux opérateurs du circuit. «A l’export, ce sont des résiliations en cascades de contrats de vente qu’il faut redouter», témoigne un opérateur auprès de nos confrères.

Et d’ajouter: «D’où la nécessité de mettre en place les mesures qui s’imposent tout en permettant aux industriels de poursuivre leurs activités». Il suggère aux autorités d’imposer la réduction du nombre d’employés et de réorganiser le temps de travail en trois équipes de 8h chacune.

«L’essentiel est de sauvegarder l’outil de production dont la réhabilitation a nécessité d’importants investissements», souligne un patron pêcheur à Safi. En effet, Safi n’abrite plus aujourd’hui qu’une vingtaine d’usines contre le double auparavant. Ceci s’explique par l’émigration de la sardine vers le sud, à tel point que l’artère principale Jorf Lyoudi était surnommé le «couloir de la mort».