Faire ses courses au supermarché: “On se serre la ceinture, on ne prend que les basiques”

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confiance, ménage, recule,
Image d'illustration. Crédit: DR.

Hausse des prix des produits de première nécessité, un carburant hors de prix et une inflation menaçante… les fins de mois deviennent de plus en plus compliquées pour de nombreux Marocains. 

Le temps des chariots qui débordent semble révolu. «Les gens gagnent moins qu’avant, ils s’adaptent», nous confie Hassan, en poussant le sien où ses quelques provisions peinent à occuper tout l’espace. Et pourtant, nous sommes ici dans un temple de la consommation: Carrefour Sidi Maârouf (ancien Metro), navire amiral de l’enseigne de grande distribution à Casablanca avec ses plus 8.000 m² de surface commerciale.

Grandes affiches, offres spéciales, stands éphémères, tout est fait pour attirer le chaland. Sauf que les prix n’ont cessé d’augmenter. En janvier, le Haut-Commissariat au Plan (HCP) annonçait que le rythme de l’inflation s’était accéléré: 1,4% sur un an. «Seulement?, s’étonne Abdelkarim, un retraité. J’imagine que ça doit être comme les températures alors, il y a l’inflation réelle, puis l’inflation ressentie. À ce rythme, je vais un jour finir par me contenter de lentilles…».

Un couple, la quarantaine, avec ses deux enfants repartent, eux, avec des provisions et une machine à café. Mais lorsqu’ils jettent un œil plus attentif à leur ticket de caisse, c’est pour faire la grimace. «Doucement mais sûrement, notre pouvoir d’achat dégringole. Alors nous, on s’adapte, on fait moins de sorties. On ne part plus très loin en vacances, ni pour trop longtemps», explique la jeune maman. «Les produits courants coûtent de plus en plus cher», soupire le père de famille.

En effet, si les prix des fruits et légumes ont légèrement augmenté, ceux de plusieurs produits de première nécessité ont connu des hausses significatives durant les deux derniers mois. Il s’agit notamment des semoules. Celui du couscous, par exemple, est passé de 11 dirhams le kilo à à 14 DH. La farine Fino a vu son prix augmenter de 3 dirhams le kilo, soit quinze DH le paquet de cinq kilogrammes. Même les légumineuses n’ont pas été épargnées par la flambée des prix. Les pois-chiches se vendent désormais à 16 DH le kilo alors qu’ils étaient à douze auparavant. Les lentilles, ces aliments populaires et bon marché, ont connu une augmentation de cinq dirhams, passant de 10 à 15 dirhams le kilo.

«On vit correctement jusqu’au 20 du mois»

«Le poisson et la viande sont devenus depuis quelques mois déjà des produits de luxe. Si vous achetez de simples morceaux choisis par le boucher pour un tajine, ça passe… Mais dès qu’il s’agit d’une belle entrecôte ou d’un filet mignon, les prix grimpent très vite», déplore un jeune homme.

Le prix de la volaille est en hausse depuis l’an dernier en raison des répercussions de la crise du covid-19 sur le secteur avicole, mais tout en restant abordable. Mais, en ce début 2022, les prix du poulet se sont envolés brusquement passant de 15 DH le kilo à 18 DH à Casablanca, voire plus dans certains quartiers.

Une famille sort de l’hyper avec un chariot à 1600 dirhams. Dans leurs sacs de course, il n’y a «pas de poisson, ni de viande, mais uniquement des basiques, des produits laitiers, des couches et des pyjamas en promo pour les petits», énumère Salima, responsable RH dans une entreprise.

À la station-service, à l’autre bout du parking, les automobilistes font le plein en serrant les dents. L’œil rivé sur la pompe où les litres de carburant défilent, pendant que la facture s’allonge. Le prix du litre d’essence au Maroc a dépassé les 12 dirhams alors que celui du gasoil s’approche des 11 dirhams. «On n’y peut rien. Ce n’est pas le plein qui fait mal, c’est surtout le retour à la pompe qui fouette fort», grogne Adil, un agent administratif qui conclut: «On vit correctement jusqu’au 20 du mois».

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