Rentrée économique 2020-2021: la CGEM met les points sur les “i”

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La Confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM) organisait ce mercredi 9 septembre, une visio-conférence avec les médias à l’occasion de la rentrée économique 2020-2021. Tour d’horizon d’une conférence où les sujets ont été abordés sans langue de bois.    

La réunion a débuté par un tour sur la situation sanitaire et économique du pays. Et pour le moins qu’on puisse dire, c’est que les esprits étaient assez dubitatifs.

Il est vrai que la montée en flèche ces derniers mois des cas de contamination et les mesures drastiques qui en ont découlé, ont de quoi dérouter. Personne ne peut prédire de quoi demain sera fait, ce qui n’est bon ni pour le climat des affaires ni pour un espoir rapide de sortie de crise.

«Nous avons bien géré la crise à ses débuts, la confiance était alors de mise, souligne Mehdi Tazi, vice-président de la CGEM. Mais aujourd’hui, on est un peu dans le flou, les règles et les décisions ne sont pas claires avec au final, trop d’improvisations». Et d’alerter: «la déflation nous guette avec un risque social sérieux et ses conséquences: une perte de pouvoir d’achat, entreprises en difficulté, chômage… On a fermé des entreprises et bouclé les frontières alors que le pays a besoin d’un appel d’air. Dans le même temps, les exportations marocaines ont chuté de 40% alors que la Chine n’a subi qu’une baisse de 11%.»

Pour tenter de remédier à la situation, Mehdi Tazi préconise quelques recommandations comme une meilleure cohérence entre les mesures prises, une rapidité dans les prises de décisions, un plus grand respect des règles sanitaires par tous, une meilleure visibilité avec des règles claires pour éviter la panique, la mobilisation des moyens sanitaires du privé pour aider à résorber cette crise plus vite, et enfin, la levée des contraintes de déplacements aux niveaux national et international pour libérer les énergies.

Concernant le volet social, le report de l’augmentation du smig est toujours en discussion, mais la CGEM souhaiterait voir la mise en place rapide d’une indemnité pour perte d’emploi de 6 mois (IPE) dans le cadre du Pacte pour la Relance économique et ce, pour tous les secteurs.

Le dispositif de tests ayant montré ses limites, le directeur général Jalal Charaf, a annoncé la suspension des dépistages massifs du Covid-19 en entreprise. Ce dispositif sera remplacé par “le dépistage sélectif des cas suspects, contacts et symptomatiques”.

 

De son côté, le président de la CGEM, Chakib Alj a insisté sur le projet de loi de Finances 2021 qui doit instaurer selon lui les bases d’une économie plus résiliente et compétitive pour redonner confiance aux chefs d’entreprises.

La préservation du tissu productif et l’amélioration de la compétitivité de l’entreprise marocaine est l’un des quatre axes fondamentaux qui doivent structurer ce projet en révisant les démarches et dispositifs fiscaux ou douaniers qui entravent son développement, a-t-il estimé.

Il s’agit, également, selon le président du patronat « d’encourager la préférence nationale en donnant un corps aux démarches techniques et commerciales, orienter notre système de taxation sur l’acte de consommer en allégeant voire supprimant toute taxation qui porte sur la valeur créée par l’entreprise et d’intégrer la dimension sociale dans ce PLF ».

« Il y a un changement d’état d’esprit à opérer. Il faut passer d’une stratégie défensive à une stratégie offensive, en gardant notre optimisme et une vigilance accrue, malgré le peu de recul et le manque de visibilité que nous avons », a-t-il lancé.

Et d’ajouter « qu’avec la hausse des contaminations et nos suppositions qui se sont avérées fausses, notamment, confinement et saisonnalité en pensant que le confinement allait éradiquer le virus et que ce dernier était saisonnier, nous n’avons d’autres choix que d’apprendre à vivre avec ».

«Il est important de rassembler, plus que jamais, nos forces pour dépasser les problématiques économiques induites par la crise mais également celles existant bien avant la pandémie comme l’informel, les délais de paiement, les lourdeurs administratives sans oublier le volet social qui doit rester au centre de nos priorités», a insisté Alj. Pour cela, un programme aussi structurant que Intelaka doit être redynamisé et associé à la relance pour promouvoir l’auto-emploi et l’acte d’entreprendre, a-t-il noté.

En guise de conclusion, le Vice-Président Général de la CGEM, Mehdi Tazi, a souligné que l’activité économique doit composer avec le Covid-19 et « nous n’avons pas d’autre choix que de relancer » l’économie face à une urgence sociale qui se fait de plus en plus pressante.