Ramadan: la hausse des prix plus modérée chez nous que chez nos voisins

Le mois de Ramadan rime souvent avec hausse des prix. Aucun pays du Maghreb, ni de la région MENA n’échappe pas à la règle. Les inquiétudes face à ce phénomène sont toutefois plus grandes cette année avec la crise du Covid-19. Détails.

Si Ramadan est les mois de la patiente et de la piété, il est aussi celui de la surconsommation et de la flambée des prix des denrées alimentaires.

Au Maroc, la hausse des prix a débuté il y a quelques semaines déjà, avec notamment l’augmentation de près de 20% du prix de l’huile de table. Mais si cette hausse est due la hausse en amont des matières premières, d’autres produits ont connu la même envolée, mais pour d’autres raisons. C’est le cas notamment des œufs, des légumes frais, des fruits et du poisson qui connaissent une forte demande durant le mois sacré.

Produits phares ce mois-ci, les dattes n’ont pas connu une forte augmentation et leur prix varie entre 25 à 180 DH/kg. Indispensable pour préparer la « harrira » (soupe traditionnelle) notamment, la tomate a connu tout naturellement une légère hausse des prix et se vend actuellement à 6 DH/kg. Quant aux pois chiches, leur prix avoisine les 15 DH/kg et les lentilles les 10 DH/kg.

 

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Très appréciées durant le mois de ramadan, les oranges connaissent elles aussi une envolée et sont actuellement vendues à 10 DH/kg. Les avocats et bananes ont pour leur part connu une forte augmentation des prix, comme chaque année en cette période, où le prix de l’avocat peut atteindre les 40 DH/kg.

L’augmentation des prix est toutefois surveillée de près par les ministères de tutelle et les associations de protection des consommateurs. D’ailleurs, une petite nouveauté est introduite cette année à Casablanca avec la mise en place d’une cellule de veille chargée de la protection des consommateurs et rattachée à la préfecture de la ville.

 

Hausses conséquentes dans la plupart des pays

 

Nos voisins non plus ne sont pas épargnés par ces hausses. En Algérie, celle du prix de l’huile de table a été plus conséquente et a mené à de véritables scènes de bagarres dans les supermarchés fin mars, rapporte le média local TSA.

L’huile de table subventionnée par l’État et plafonnée à 125 DA le litre (8,44 DH) se fait rare ces dernières semaines. Seules d’autres marques vendues à plus de 255 DA le litre (plus de 17 DH) sont disponibles en quantité suffisante, mais «leur prix dépasse l’entendement», affirme un consommateur au média algérien.

Le prix de la tomate n’a pas échappé non plus à cette envolée et atteint les 180 DA/kg, soit un peu plus de 12 DH marocains. «Nous avons relevé les prix et ils donnent le tournis : haricot vert : 300 DA (plus de 20 DH), courgette : 120 DA (plus de 8 DH), laitue : 170 DA (plus de 11 DH), oignon : 80 DA (près de 5,50 DH), poivron : 170 DA (près de 11,50 DH)», liste TSA, évoquant également une hausse des prix des viandes, notamment le poulet 360 DA/kg (24 DH), l’escalope de poulet à 690 DA/kg (plus de 46 DH), ou encore la viande hachée vendue à 1650 DA/kg (111 DH).

Une hausse des prix conséquente a lieu aussi en Tunisie. Ici encore, c’est le prix de la tomate qui prend la tangente en ce début du mois. Son prix atteint les 2,5 D/kg (plus de 8 dirhams), se plaignent les consommateurs. Le média local La Presse évoque notamment les prix des poivrons et des concombres à 4 dinars le kilo (près de 13 DH) ou encore des avocats à 7 dinars la pièce (plus de 22 DH).

 

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Aux côtés du Maroc et de la Tunisie, la Syrie, Djibouti, l’Égypte, l’Iran, le Koweït, le Qatar, l’Arabie saoudite, le Yémen, Malte et le Liban sont les pays de la région MENA à avoir enregistré les plus importantes hausses sur les prix des aliments sur la période allant du 14 février 2020 au 30 mars 2021, selon un récent rapport du bureau de la zone du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord (MENA) de la Banque mondiale (BM).

«L’étude prend en considération cinq catégories principales d’aliments : les glucides, les produits laitiers, la viande, ainsi que les fruits et légumes», indique L’Orient Le jour. Au Maroc, les prix de deux produits des quatorze pris en compte ont augmenté, tandis qu’en Égypte, au Qatar, en Arabie saoudite et en Tunisie, un seul produit a connu une augmentation.

Le pire des scores a été enregistré au Liban, où 13 des 14 produis listés dans le rapport ont connu une augmentation de 20%, sauf le pain dont le prix est fixé par l’État.