Polémique en Espagne autour des importations d’électricité marocaine

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La centrale thermique de Safi. DR

Alors que les fermetures des dernières centrales à charbon se poursuivent en Espagne, les importations depuis le Maroc ont, de leur côté, augmenté de façon exponentielle en 2019. Une situation qui suscite un tollé en Espagne.

Les importations espagnoles en électricité ont augmenté de 485% en 2019, avoisinant les 1 053 GWh achetés à des pays tiers. Ces importations d’une valeur de 53 millions d’euros proviennent principalement du Maroc et du Portugal, rapporte le média spécialisé El Economista.

 

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En comparaison avec 2018 c’est un bond de plus de 656%, note la même source. Le principal pourvoyeur a été le Maroc, qui en 2019 est passé du statut d’importateur à exportateur, grâce notamment à la mise en service, la même année, de la centrale thermique de Safi.

Toujours aucune taxation ?

À cette époque, le débat a vite viré à la polémique. Les géants des centrales à charbon espagnols s’insurgeaient contre l’achat d’électricité produite à partir de charbon au Maroc, alors qu’eux avaient eu pour ordre de fermer les leurs.

Ces fermetures ont quant à elles été opérées dans le cadre d’une directive européenne de réduire les émissions de CO2. L’objectif était d’ici 2050 de produire et consommer uniquement de l’électricité renouvelable.

 

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Et c’est justement sur ce point-là que les critiques fusent du côté des associatifs et des fournisseurs espagnols. En effet, ces derniers jugeaient «illogique» l’achat d’électricité «sale», depuis le Maroc, alors que le pays l’interdit et impose une taxe sur son propre sol.

L’affaire a été portée devant la Commission européenne par la ministre espagnole de la Transition écologique, Teresa Ribera. L’instance européenne avait pour sa part proposé la taxation de l’électricité produite en dehors de l’UE, ce qui affectera de nombreux autres pays, y compris le Maroc.