Le Maroc réclame des millions de dirhams d’impôts à Facebook et Google

Une commission créée, il y’a un mois, par la Direction générale des impôts (DGI) et l’Office des changes (ODC), va aborder la question des revenus publicitaires générés par Facebook et Google au sein du royaume. Les deux géants du Net ne paieraient aucun impôt malgré la forte activité publicitaire en ligne qu’ils mènent au Maroc.

La commission rentre dans le cadre du rapprochement des processus de contrôles entre la DGI et l’ODC. Elle aura pour mission de trouver des solutions avec les géants du Web, afin qu’ils restituent à l’État marocain les droits d’impôts qu’ils lui doivent. H24Info s’est entretenu avec une source sûre proche de cette affaire, qui nous a indiqué que cette commission effectuera sa première réunion en janvier 2018. La première étape sera d’encadrer et de quantifier les données dont disposent l’ODC et la DGI, afin d’identifier l’ampleur de ces pertes. «Il est encore tôt pour donner des chiffres sûrs dans cette affaire», tempère notre source.

Il faut savoir que toute prestation de service fournie par un opérateur étranger au Maroc est soumise à un prélèvement de 10 %. La commission opérera ainsi à la détermination d’un taux d’imposition à la source adéquat à ce type de transaction. Par ailleurs, selon notre source, la commission annoncera officiellement les premiers chiffres dans cette affaire le 11 janvier 2018.

Un duopole de plus de 60 % du marché marocain de la publicité en ligne

Selon nos confrères du 360.ma, il s’agit de recouvrir plus de 300.000.000 de dirhams de revenus publicitaires qui échappent totalement à la fiscalité marocaine.

Facebook et Google détiendraient plus de 60 % du marché de la publicité en ligne nationale. Cette situation de duopole entre les deux entreprises ne laisse donc que des miettes aux entreprises marocaines opérant dans le digital.

Le Maroc n’est pas un cas à part

Il est à noter que Facebook et Google ont coûté 5,4 milliards d’euros d’impôts à l’Union européenne, selon des chiffres datant de 2013 à 2015. En effet, les deux compagnies transfèrent leurs gains générés par la publicité à leurs bureaux en Irlande, où le taux d’imposition est le plus réduit en Europe. Par ailleurs, Google a dû verser 306.000.000 d’euros au fisc italien en 2017.

Cette situation est d’ailleurs le résultat du niveau technologique des deux entités. En effet, les deux entreprises utilisent des algorithmes poussés par de l’intelligence artificielle qui permet de cibler chaque individu, avec des publicités adaptées, via ses recherches sur le Web. Par ailleurs, la concurrence entre les deux entités devient de plus en plus imposante, notamment du fait que Facebook cherche à s’imposer en tant que leader mondial du Web.

Mark Zuckerberg investit des milliards de dollars en recherche et développement dans différents domaines, notamment l’intelligence artificielle, la Santé, les transports, l’énergie… Facebook aspire à devenir une plateforme essentielle pour les utilisateurs à travers le monde. L’objectif est que peu importe ce que l’on recherche, on doit littéralement passer par Facebook pour le trouver.