L’impact du boycott de 2018 « a été réel et très significatif », affirme le CESE dans une étude

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Le CESE a organisé le mercredi 29 octobre 2019 une rencontre pour présenter le focus de son rapport annuel au titre de l’année 2018 intitulé « Les nouvelles formes de protestation au Maroc ». Ce focus s’est également penché sur la campagne menée en 2018 à travers les réseaux sociaux en ligne, pour le boycott de trois marques de biens de consommation courante. 

A ce niveau, le rapport annuel du CESE signé par son président Ahmed Réda Chami mentionne « l’expansion rapide et importante de l’adhésion populaire à cette campagne ainsi que son impact significatif » et « son écho auprès de larges franges de la population, dans un contexte marqué par un malaise social généralisé ». Il caractérise ainsi les nouvelles formes de protestation au Maroc et précisément le boycott de 2018 par une utilisation accrue des réseaux sociaux comme plateforme de mobilisation; l’absence de passage par les corps intermédiaires traditionnels (partis politiques, syndicats…); l’absence de hiérarchie et d’idéologie commune entre ses composantes; la jeunesse des dirigeants du mouvement, avec une présence qualitative des femmes.

Dans ce contexte où la mobilisation des citoyens via les réseaux sociaux gagne du terrain, favorisée par l’anonymat et l’instantanéité des échanges, les partis politiques, les syndicats comme les institutionnels, sont invités, pour pouvoir continuer à jouer les rôles primordiaux qui leurs sont dévolus en vertu de la Constitution, à revoir leurs structures, méthodes et instruments de travail, ainsi que leurs canaux de communication; adapter le contenu de leur discours aux besoins et aspirations des citoyens, plus connectés et plus exigeants en termes de transparence, de reddition de comptes et d’implication dans la chose publique, avec une attention toute particulière accordée aux jeunes, lit-on dans ce rapport.

Lire aussi : Le CESE présentera ses recommandations relatives aux nouvelles formes de protestation au Maroc

Le boycott de 2018 « semble avoir trouvé un terreau fertile nourri par les différentes failles observées au niveau de la régulation des marchés, de la capacité de communication et de réaction en temps de crise, ainsi qu’au niveau de la capacité du cadre juridique à traiter ces nouvelles formes de protestation. Il révèle également le manque de confiance du citoyen dans la capacité du cadre institutionnel actuel à protéger ses droits contre tout abus éventuel en matière de fixation des prix et des marges ».

Bien qu’initié au niveau d’une plateforme virtuelle, l’impact de la campagne de boycott de 2018 « a été réel et très significatif, faisant ressortir de multiples insuffisances sur lesquelles le CESE a émis un certain nombre de recommandations détaillées qui ont été regroupées en six blocs ».

Il s’engage ainsi à:

  • Renforcer le cadre institutionnel et réglementaire de protection des droits du consommateur et lui garantir les voies de recours;
  • Renforcer le cadre de régulation des marchés pour une concurrence plus saine et pour résorber les abus et pratiques illicites sur les marchés;
  • Améliorer l’accès à l’information sur les marchés et mettre en place un observatoire des prix et des marges comme outils d’aide à la décision;
  • Accorder un poids plus important à l’anticipation et la gestion de crises et à la communication en situation de crise vis-à-vis du citoyen et ce, aussi bien au niveau des pouvoirs publics que du secteur privé;
  • Réformer le cadre juridique et institutionnel pour corriger les situations de conflit d’intérêt pouvant éroder la confiance des citoyens;
  • Promouvoir la place de la responsabilité sociétale de l’entreprise.

Le CESE prévoit également de renforcer les mécanismes de démocratie participative prévus par la Constitution tels que les instances de concertation, l’initiative législative citoyenne et le droit de pétition. Il s’agira de faciliter l’accès à ses démarches qui nécessitent des conditions d’exercice lourdes et exigeantes tout en préservant la démocratie représentative.