Le coronavirus pourrait ramener la croissance à 0,8% en 2020, selon le CMC

Le taux de croissance du produit intérieur brut à prix constants devrait se situer à environ 0,8% au titre de l’exercice 2020, selon le Centre marocain de conjoncture (CMC).

« Cette contreperformance économique devrait découler du retrait de l’ensemble des secteurs sous les effets multiples déclenchés par la maladie du Covid-19, de la psychose et de la perte de confiance en passant par les restrictions des déplacements et le confinement pour arriver au stade de l’état d’urgence sanitaire », explique le CMC dans le 39ème numéro de sa publication « Info-CMC ».

En dehors de l’Agriculture, qui devrait afficher une diminution de sa valeur ajoutée en volume d’environ 3% en raison des conditions climatiques pernicieuses enregistrées durant l’hiver, les autres secteurs devraient pâtir des dégâts causés par le coronavirus et ce, à des degrés divers en accusant un ralentissement ou carrément une baisse de l’activité, relève la même source.

« Le secteur de l’hébergement et la restauration figure parmi les activités les plus touchées. Sa valeur ajoutée en termes réels devrait fléchir d’environ 25% tant la reprise serait lente et difficile », fait savoir le CMC, estimant que les services de transport aussi bien aérien, ferroviaire que routier devraient marquer le pas et leur valeur ajoutée globale afficherait une stagnation en glissement annuel.

 

 

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Quant au secteur de l’industrie extractive, ladite publication indique qu’il devrait subir l’impact du rétrécissement des marchés extérieurs induit par le mouvement dépressif de l’économie mondiale. Le rythme de sa croissance pour 2020 connaîtrait un ralentissement et serait amputé de moitié comparativement avec celui de l’année écoulée qui serait de l’ordre de 5%.

Dans cette texture anticipée de la croissance de l’économie nationale pour l’année 2020, la contribution des activités des industries manufacturières resterait modeste et se situerait en deçà des 2% aux termes de l’année, souligne le CMC.

Et d’ajouter: « Aujourd’hui, certaines de ces activités peinent à trouver des marchés ou sont bloquées par manque d’approvisionnement en matière première et produits intermédiaires, tandis que d’autres sont complètement à l’arrêt comme la branche principale de l’industrie automobile ».

 

 

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Les prévisions exploratoires du CMC pour l’économie marocaine sont basées sur des hypothèses qui sont conditionnées par les développements rapides des événements et par voie de conséquence demeurent assez fragiles.

En effet, le centre part des hypothèses que « la crise sanitaire prendrait fin au milieu de l’année et la reprise devrait se faire progressivement sans à-coups », que « la campagne agricole 2019-2020 assez sèche produirait un affaissement notable de la production céréalière qui ne dépasserait guère les 40 millions de quintaux » et que « la baisse du taux directeur de Bank Al Maghreb d’un quart de point ne produirait aucun effet immédiat sur l’économie réelle ».

Il estime également que « la politique budgétaire largement accommodante initiée par la création du Fonds spécial pour la gestion de la pandémie du coronavirus et la solidarité agissante des marocains pourrait bien faire éviter la faillite à un bon nombre d’entreprises et sauver des emplois ».

 

 

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Les autres hypothèses conventionnelles, qui se trouvent derrière ce scénario, tablent sur un redressement du prix du pétrole au milieu de l’année pour se stabiliser autour de 50 dollars après la chute qu’il a accusé au dessous de la barre des 30 dollars.

Elles supposent que l’inflation resterait contenue à un niveau assez bas et présument qu’avec l’élargissement de la bande des fluctuations possibles concernant les termes de change, la parité du dirham pencherait plus vers une réévaluation vis-à-vis du dollar et connaîtrait une dépréciation par rapport à l’euro.