Le CESE plaide pour un tourisme plus durable et inclusif

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Image d'illustration. Crédit: DR.

Le président du Conseil Économique, Social et Environnemental (CESE), Ahmed Réda Chami a appelé, mardi à Rabat, à la mise en place d’une nouvelle stratégie visant à promouvoir un tourisme durable, résilient et inclusif.

« Le CESE aspire de mettre en place une nouvelle stratégie, basée sur une vision globale et intégrée, visant à promouvoir un tourisme durable, résilient et inclusif. Une stratégie qui favorise le développement d’un tourisme de régions et la création de richesses et d’emploi en particulier au profit des femmes et des jeunes », a dit M. Chami lors d’un atelier de restitution virtuel, dédié à la présentation de l’avis du Conseil intitulé « le tourisme, levier de développement durable et d’intégration: pour une nouvelle stratégie nationale du tourisme ».

Bien que l’industrie touristique ait été mise en difficultés par le passé, la pandémie du nouveau coronavirus (covid-19) a fortement exacerbé ces difficultés structurelles et a eu de forts impacts économiques et sociaux sur son évolution, a-t-il soutenu, mettant en avant les propositions phares du CESE pour réussir la relance du tourisme et son repositionnement stratégique à l’échelle nationale et internationale.

De son côté, Ali Ghannam, membre du CESE et rapporteur du thème, a fait observer que le tourisme constitue un pilier majeur de la croissance économique marocaine, précisant qu’en 2019, le Maroc a accueilli 12,9 millions de touristes aux postes frontières.

 

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De fait, a-t-il poursuivi, ce secteur contribue à hauteur de 7% au PIB et 20% aux exportations des biens et services. Sa contribution à l’emploi est estimée à 550 000, soit 5% de la population active en 2020.

Et d’ajouter que l’analyse du secteur touristique au Maroc durant ces vingt dernières années révèle un certain nombre de dysfonctionnements récurrents notamment, des stratégies qui peinent à réaliser les objectifs fixés, une défaillance majeure du dispositif de pilotage ou encore des difficultés de financements au niveau du secteur.

Pour réussir la relance du tourisme et son repositionnement stratégique à l’échelle nationale et internationale, le CESE a formulé une série de recommandations articulées autour de six axes majeurs.

S’agissant du volet de la gouvernance, le CESE recommande d’instaurer une loi-cadre du tourisme et de promouvoir une planification stratégique intégrée, impliquant une convergence des moyens et des ressources et un suivi-évaluation pour toute la chaîne de valeur.

Pour ce qui est du tourisme durable et responsable, le Conseil propose d’opérationnaliser la charte marocaine du tourisme durable, de contribuer à travers le système fiscal à la promotion des investissements durables, productifs, créateurs d’emplois et catalyseurs de la valeur au niveau des territoires hôtes et d’opter pour une approche « Tourisme 365 jours ».

Au niveau du tourisme national, il conviendrait de proposer des produits touristiques spécialement dédiés au tourisme national en ses divers segments et adaptés au pouvoir d’achat, de promouvoir le tourisme social et solidaire et développer les auberges des jeunes et d’inventer une offre adéquate pour les MRE en prenant en considération leurs styles de vie et leurs modes de consommation des loisirs et sports.

Sur le plan de la digitalisation, il y a lieu de promouvoir des destinations et des produits touristiques durables à travers la communication, la connectivité et la digitalisation en proposant un circuit de réservation et de paiement marocain permettant d’éviter la sortie de devises et des commissions hors Maroc et en faisant évoluer la communication numérique officielle vers l’expérience-client.

 

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Il s’agit par ailleurs, de qualifier le capital humain en s’alignant sur les tendances mondiales et en visant l’excellence par la mise à jour de la cartographie de l’emploi dans le tourisme et l’initiation de la signature d’une convention sectorielle collective en matière de formation et de renforcement des compétences.

Enfin, le Conseil considère que la territorialisation constitue un cadre propice à la mise en œuvre des stratégies pour assurer la coordination entre l’échelle nationale et régionale.

Dans ce sens, le CESE préconise de mettre en corrélation les stratégies nationales du tourisme, de la culture, de l’artisanat, de la jeunesse et sport et du développement durable et en assurer la déclinaison territoriale, de soutenir la mise en œuvre des stratégies régionales du tourisme durable en appuyant les conseils régionaux et de concevoir une offre diversifiée autour de corridors traversant plusieurs territoires avec une thématique touristique commune.