La France reste ouverte à une réforme du franc CFA, affirme Bruno le Maire

Bruno le Maire, ministre Français de l'Economie et des Finances. Crédit DR

La France reste ouverte à une réforme du franc CFA, à condition que la proposition de réforme vienne des Etats-membres de la zone franc, a affirmé, vendredi, le ministre de l’Économie Bruno le Maire.

« Nous restons ouverts à une réforme ambitieuse du franc CFA. Il y a une condition et elle est impérative c’est que la proposition vienne des Etats-membres de la zone franc « , a indiqué le ministre dans des déclarations rapportées par les Médias de l’hexagone.

« Ce n’est pas à la France de faire des propositions ou d’imposer quoique ce soit », a encore affirmé le ministre, ajoutant que « si une majorité d’Etats-membres de la zone franc veulent avancer vers une réforme ambitieuse nous répondrons oui ».

Bruno Le Maire réagissait aux déclarations du Président béninois Patrice Talon qui avait annoncé jeudi le retrait des réserves de change du franc CFA qui se trouvent actuellement en France et leur versement dans les « banques centrales partenaires dans le monde ».

 

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Le Président béninois avait également souligné la « valeur psychologique » de ce modèle économique, qui veut qu’une partie des réserves de change du franc CFA soit obligatoirement versée à la Banque centrale de France, estimant qu’il n’était « pas bien que ça continue ».

A l’heure actuelle, les Etats africains doivent déposer 50 pc de leurs réserves en France, obtenant en contre-partie une convertibilité illimitée avec l’euro qui leur donne une certaine crédibilité internationale.

Etabli en 1945, une quinzaine d’année avant l’indépendance des pays africains concernés, la valeur du franc CFA est aujourd’hui indexée sur l’euro (1 euro = 655,96 francs CFA) ce qui maintient les économies africaines dans la dépendance de la politique monétaire européenne.

Huit pays d’Afrique de l’Ouest (Bénin, Burkina Faso, Côte d’Ivoire, Guinée Bissau, Mali, Niger, Sénégal et Togo) et six d’Afrique centrale (Cameroun, Centrafrique, Congo, Gabon, Guinée équatoriale et Tchad), qui constituent deux unions monétaires distinctes, utilisent toujours le franc CFA comme monnaie officielle, soit 155 millions de personnes.