Total s’apprête à signer un contrat de 4,8 milliards de dollars en Iran

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Le groupe pétrolier, qui va développer un important champ gazier, devient la première compagnie occidentale du secteur à revenir en Iran.

L’Iran l’espérait, il sera signé lundi. Total, qui dirige un consortium international avec la compagnie chinoise CNPCI, va conclure un accord de 4,8 milliards de dollars (4,2 milliards d’euros) pour développer un important champ gazier, a annoncé le ministère iranien du Pétrole.

Total devient ainsi la première compagnie occidentale du secteur – la troisième grande entreprise française après PSA et Renault – à revenir en Iran. Le groupe pétrolier détiendra 50,1% des parts du consortium qui exploitera le champ gazier, suivi du groupe China national petroleum corporation (CNPCI) avec 30% et de l’Iranien Petropars (19,9%), avait annoncé à l’époque Gholamreza Manouchehri, vice-président de la Compagnie nationale iranienne de pétrole (NIOC) dont dépend Petropars.

L’accord préliminaire avait été signé en novembre 2016 à Téhéran. «L’accord international pour le développement de la phase 11 de Pars-Sud sera ligné lundi en présence du ministre du Pétrole et des directeurs de Total, de la compagnie chinoise CNPCI et de la société iranienne Petropars», déclare un porte-parole du ministère du Pétrole.

Les différentes parties ont signé un accord préliminaire en novembre dernier

 

Total espère que cet accord ouvrira d’autres «opportunités» dans les secteurs pétrolier, gazier et pétrochimique de l’Iran. Téhéran dispose, en effet, des deuxièmes réserves mondiales de gaz après la Russie et des quatrièmes réserves mondiales de pétrole. De son côté, Téhéran, qui a besoin d’énormes investissements étrangers, espère que l’arrivée effective de Total encouragera d’autres compagnies occidentales et asiatiques à sauter le pas.

Cette signature intervient malgré la position hostile de Washington et le vote récent par le Sénat américain de nouvelles sanctions contre l’Iran. La conclusion en juillet 2015 de l’accord nucléaire avec les Etats-Unis, la Russie, la Chine, la France, le Royaume-Uni et l’Allemagne, a permis la levée en janvier 2016 d’une partie des sanctions internationales contre Téhéran.

Mais la position hostile des Etats-Unis a rendu difficile la normalisation des relations économiques de l’Iran avec le reste du monde, notamment à cause de la réticence des grandes banques internationales de travailler avec Téhéran par crainte de sanctions ou de mesures punitives de Washington.

Le Sénat américain a voté, mi-juin, à une écrasante majorité une nouvelle loi pour adopter de nouvelles sanctions contre l’Iran. La loi doit encore être examinée et adoptée par la Chambre des représentants et signée par le président Trump. Des nouvelles sanctions que l’Iran a qualifiées d’«illégales et illégitimes».