Immobilier: accélérer les réformes pour espérer une relance du secteur

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Fortement impacté par la crise du covid-19, le secteur immobilier continue d’attendre des mesures concrètes pour l’année 2021. Le chute historique des transactions est l’occasion pour les professionnels de tout remettre à plat pour permettre une relance.

L’immobilier a été sérieusement mis à mal par la crise économique engendrée par le coronavirus. Et tous les compartiments du secteur sont concernés. Le volume des transactions a régressé de 42,8%, à cause du recul des ventes de l’ensemble des catégories, soit 38,2% pour le résidentiel, 53,7% pour les terrains et 54,2% pour les biens à usage professionnel. Le nombre des transactions a connu lui, une diminution de 56,1% par rapport à l’année dernière. Ces chiffres résultent des reculs de 55,3% pour le résidentiel, de 59,1% pour les terrains et de 57,2% pour les biens à usage professionnel.

De nouvelles dispositions ont été introduites à la LFR 2020 visant, à la fois, les acquéreurs et les promoteurs, pour accompagner le secteur de l’immobilier fortement impacté par la pandémie liée au nouveau coronavirus. Ces mesures ont pour objectif de permettre au secteur de se redresser, de générer une dynamique positive de production et de stimuler la relance. Le PLFR prévoit une réduction de 50% des droits d’enregistrement des biens immeubles d’habitation ne dépassant pas 1 MDH.

 

La FNPI propose des mesures

 

Néanmoins, la segmentation de cette mesure ne permet pas un réel impact, selon, les professionnels. Pour se relever de la crise, la FNPI propose trois chantiers majeurs de relance. Pour la Fédération, les textes législatifs sont dépassés et ne permettent pas au secteur de reprendre un nouveau départ. Il s’agit notamment de la loi n° 25-90 relative aux lotissements, groupes d’habitations et morcellements en vigueur depuis le 17 juin 1992.

Au niveau administratif, les professionnels du secteur appellent à faciliter et simplifier les procédures de délivrance des autorisations et d’accélérer les phases de réception: permis d’habiter, certificat de conformité… Côté financement, et notamment en ce qui concerne les crédits bancaires, les taux d’intérêt bancaires ne s’alignent pas sur la baisse du taux directeur annoncé par Bank Al-Maghrib. Les acteurs du secteur de l’immobilier réclament un taux de 3% (HT) pour les acquéreurs au lieu des taux pratiqués actuellement.

 

Quelles prévisions ?

La suspension de l’application du référentiel des prix de l’immobilier, l’exonération totale et la réduction des droits d’enregistrement, l’extension du délai de construction pour les promoteurs immobiliers… Toutes ces mesures réformatrices s’ajoutent à d’autres dispositions fiscales transversales prévues par la loi de finances rectificative 2020 dont celle de la déductibilité des dons au fonds de gestion de la pandémie du Covid-19.

L’objectif est de promouvoir de nouveau le secteur, le redresser et l’orienter vers de nouvelles opportunités. Sauf que, le secteur a besoin d’une refonte plus raffinée, profonde et structurée sur le long-terme. “Le secteur connaissait des difficultés bien avant la pandémie du Covid-19 qui a porté des dommages supplémentaires et considérables au secteur et à toute l’économie nationale. La crise a provoqué un arrêt brutal de toute l’activité dans tout son écosystème, allant de la production à la commercialisation”, explique le président de la Fédération nationale des promoteurs immobiliers (FNPI), Taoufik Kamil