Fiat Chrysler veut se fiancer avec PSA pour créer un géant automobile mondial

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Les constructeurs italo-américain Fiat Chrysler et le français PSA discutent mercredi des conditions d’un potentiel mariage à 50 milliards de dollars, pour unir leurs forces à l’heure où l’industrie automobile connaît des difficultés.

Les deux groupes qui pèsent 400.000 salariés dans le monde ont confirmé être en pourparlers pour créer le numéro 4 mondial du secteur.

Selon des sources concordantes, PSA tenait son conseil d’administration mercredi après-midi. Et Fiat Chrysler Automobiles (FCA) doit réunir le sien dans la soirée, selon une source proche du dossier.

Selon cette même source, les entreprises pourraient annoncer rapidement qu’elles sont en négociations exclusives, voire confirmer la transaction dès jeudi.

Et l’idée semble pour l’heure séduire un large panel d’acteurs.

Les marchés d’abord, puisque le cours de PSA a progressé de 4,5% à la Bourse de Paris et que celui de Fiat Chrysler Automobiles (FCA) a bondi de plus de 9% à Milan.

 

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Les syndicats ensuite: Force Ouvrière, premier syndicat chez PSA, a souligné une « dynamique industrielle positive » du projet et la CFE-CGC, numéro deux, retient qu’il n’est « pas prévu de fermeture de site en France ».

Le gouvernement français, si réticent il y a quelques mois lorsque FCA a tenté, en vain, de convoler avec Renault, a dit être « particulièrement vigilant » sur l’emploi. Mais l’Etat, actionnaire à environ 12% de PSA via BpiFrance, estime aussi que les discussions « confirment le mouvement de consolidation mondiale de l’industrie automobile, qui est nécessaire et dans lequel la France veut prendre toute sa place.

Le vice-ministre italien de l’Economie Antonio Misiani a lui estimé « vital de préserver les sites » dans son pays. Il a souligné dans le même élan qu’il y a un « changement de paradigme sur le marché automobile avec le passage à l’électrique », rendant « nécessaires de lourds investissements et des regroupements ».

Ces discussions interviennent quelques mois seulement après l’échec cuisant d’un projet de fusion entre Fiat Chrysler et Renault, numéro un français de l’automobile.

Fusion entre égaux ?

Les modalités du mariage restent encore à définir, même si une source proche du dossier a confirmé à l’AFP les informations du Wall Street Journal: à savoir une fusion entre égaux avec échange d’actions, tout en notant que d’autres options étaient également sur la table.

La question potentiellement épineuse du siège de la future entité n’a pas été tranché, mais l’hypothèse des Pays-Bas est sur la table, selon la même source.

Le président du directoire de PSA Carlos Tavares deviendrait directeur général de la nouvelle entité, dont le conseil d’administration serait présidé par le patron de Fiat Chrysler (FCA) John Elkann, héritier de la dynastie Agnelli.

La valorisation boursière de l’entité fusionnée est évaluée à environ 50 milliards de dollars (45 milliards d’euros).

Un tel rapprochement ferait entrer la nouvelle entité dans le collège des mastodontes du secteur derrière Volkswagen, l’alliance Renault-Nissan-Mitsubishi et Toyota.

 

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PSA a vendu 3,9 millions de véhicules l’an dernier, pour un chiffre d’affaires de 74 milliards d’euros. FCA a de son côté écoulé 4,8 millions de véhicules, pour 110 milliards d’euros. Le couple contrôle les marques Alfa Romeo, Chrysler, Citroën, Dodge, DS, Jeep, Lancia, Maserati, Opel, Peugeot et Vauxhall.

A l’heure où le marché automobile mondial est confronté à une conjoncture morose, et à des défis technologiques majeurs liés à l’essor des véhicules électriques, « c’est un remarquable rebondissement pour PSA, qui avait frôlé la mort en 2012 », observait Michael Hewson, analyste du courtier CMC.

Le constructeur n’avait été sauvé de la faillite que par l’entrée à son capital de l’État français et du chinois Dongfeng, au côté de l’autre actionnaire de référence, la famille Peugeot.

Une fusion permettrait à PSA de revenir par la grande porte sur le marché américain grâce aux Jeep et aux pick-up Dodge RAM de son fiancé. Fiat Chrysler de son côté consoliderait ses positions en Europe, où le groupe souffre de n’avoir pas suffisamment renouvelé sa gamme.

Les jeux sont cependant loin d’être faits, avec ce « camarade encombrant » qu’est l’Etat français, comme le décrit Hewson. Dans ses négociations avec Renault, Fiat Chrysler avait rapidement jeté l’éponge, n’ayant pas pu obtenir un engagement du constructeur français, freiné par l’Etat actionnaire.

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