Fermeture de Tarajal II: les opérateurs se réjouissent des premières retombées positives

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La fermeture des deux postes frontaliers à Sebta à Melilla fait depuis plusieurs mois la Une des quotidiens marocains et ibériques. Si les Espagnols se plaignent d’une décision unilatérale, le Maroc lui se vante des ses bienfaits déjà palpables.

«Le chiffre d’affaires s’est amélioré», affirme le directeur générale de la douane Nabyl Lakhdar dans une interview accordée au quotidien l’Economiste. Le patron de la douane revient sur la décision de fermeture des passages de Tarajal II à Sebta et celui de Melilla où des résultats se sont déjà matérialisés.

En effet, touché par cette décision depuis juillet 2018, le passage transfrontalier de Melilla souffre déjà de lourdes conséquences qui, au revers de la médaille profitent au Maroc, qui voit son port de Beni Ensar revivre.

«Le port de Bni Nsar était en quasi chômage technique. Depuis l’interdiction des opérations commerciales, il revit. Nous avons réussi à mettre en place des lignes et quand un bateau ramène 200 conteneurs, 150 sont débarqués à Nador et le reste à Melilla», s’en félicite le directeur général de la douane, qui précise qu’auparavant «tout le trafic destiné au pays était débarqué à Melilla et une bonne partie en contrebande».

Concernant Sebta, une réouverture du Tarajal II ne semble pas être à l’ordre du jour. «Tout ce que je peux dire, c’est que pour l’instant, ce couloir est fermé et que le maintien ou non de cette fermeture n’est pas du (seul) ressort de la douane», explique Nabyl Lakhdar au quotidien casablancais. D’ailleurs, «de plus en plus d’opérateurs affirment que, ces derniers mois, leur chiffre d’affaires a connu une augmentation non négligeable», soutien le patron de la douane.

Le patron de la douane va jusqu’à soutenir que «(nous) avons presque gagné cette bataille, parce que les contrebandiers, les gros, contre lesquels nous luttons ont senti que l’Etat fait preuve de fermeté». Il est à noter que le Maroc, après avoir permis pendant plusieurs décennies le commerce transfrontalier, tente d’éradiquer le phénomène de la contrebande vivrière, en créant notamment mission parlementaire de prospection qui a présenté ses recommandations.