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    Numéro dépôt légal : ص 2018/22

    Le Maroc vient d’annoncer le lancement d’un projet de fabrication et de mise en seringue du vaccin anti-Covid19 et autres vaccins. Un ambitieux projet, dont les conventions ont été signées devant le roi Mohammed VI, visant à doter le royaume de capacités industrielles et biotechnologiques complètes et intégrées, dédiées à la fabrication de vaccins.

    Dans une interview à la MAP, Abdelmounim Belalia, professeur de management stratégique à l’ISCAE et ancien directeur de l’École Nationale de Santé Publique, met en avant les retombées économiques de ce projet important, son rôle dans le développement de l’industrie pharmaceutique au Maroc et dans le renforcement de la position du Royaume en tant qu’acteur sanitaire principal dans le continent Africain.

    1- Plusieurs conventions relatives au projet de fabrication et de mise en seringue au Maroc du vaccin anti-Covid-19 et d’autres vaccins ont été signées récemment, quel en est selon vous l’impact sur l’économie nationale ?

    Le gain économique est indéniable. Ce grand chantier vise à créer un écosystème des industries de la biotechnologie et des biosimilaires, ce qui va drainer des investisseurs, des entreprises étrangères dans le domaine ainsi que des ressources humaines et compétences.

    Rappelons-nous de l’émergence de l’industrie automobile et de l’aéronautique au Maroc il y a quelques années. Ce déclic est important pour créer les conditions d’émergence.

    A ce titre, aujourd’hui les ingrédients principaux sont là: une vision et un leadership de sa majesté le roi, des compétences et des expertises à acquérir en vertu des accords signés avec Sinopharm et Recipharm notamment, et un financement important rendu possible par l’implication des banques marocaines.

    Ainsi, ce grand projet est appelé à positionner le Maroc sur les chaînes de valeurs mondiales de production des vaccins et d’autres produits pharmaceutiques.

    2- Quelles sont les retombées d’un tel projet sur l’industrie pharmaceutique au Maroc ?

    Il faut rappeler qu’il s’agit d’un investissement important de 500 millions de dollars qui prévoit dans une deuxième phase la création d’unités nouvelles de production des biothérapies et vaccins.

    Cela interviendra après une première phase de remplissage en flacon des vaccins anti covid-19. Le projet permettra à l’industrie pharmaceutique marocaine de passer à un stade supérieur d’augmentation des capacités puisque la production des vaccins nécessite des expertises et compétences qui dépassent celles mises en œuvre pour la production des médicaments classiques.

    Les normes qui s’appliquent à la production des vaccins sont plus strictes notamment en termes de contrôle qualité ce qui permettra un nivellement vers le haut de l’industrie pharmaceutique marocaine qui sera en mesure d’exporter plus facilement vers des marchés comme le marché américain et le marché européen.

     

    Lire aussi: Covid-19: quid des personnes contaminées après avoir été vaccinées

    Il ne faut pas oublier aussi l’impact sur la recherche et développement puisque la production des vaccins et biothérapies s’appuie sur un investissement important dans ce domaine.

    L’industrie pharmaceutique marocaine qui investit peu jusqu’à présent dans la recherche sera amenée à intégrer ce maillon dans la chaîne de valeur, ce qui est un facteur d’augmentation de la valeur du produit final mis sur le marché.

    3- Est ce que le Maroc pourrait devenir un acteur sanitaire majeur au niveau de l’Afrique et profiter ainsi des opportunités du marché africain ?

    Le Maroc a tous les atouts pour devenir un champion d’Afrique en matière de prestations et produits de santé.

    L’expérience marocaine est importante à tous les niveaux. Aujourd’hui, notre pays dispose de 51 laboratoires pharmaceutiques, dont 47 usines de production qui répondent à plus de 70% des besoins locaux en médicaments. Le Maroc exporte aussi environ 11% de la production vers les pays du Golfe, l’Afrique ainsi que l’Europe.

    Le marché africain reste une bonne opportunité quoi qu’il reste petit en comparaison avec les autres marchés régionaux.

    Alors que le marché africain ne représente que 2% de la consommation mondiale de médicaments, le marché européen représente environ 24% et le marché américain environ 47%. Voilà pourquoi l’ouverture sur de nouvelles normes et produits va permettre au Maroc d’accéder à de nouveaux marchés dont le marché africain qui reste une cible classique et importante en même temps vu les relations économiques et le partenariat sud-sud développé avec plusieurs pays d’Afrique.

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