Grève à Air France: 50% des vols long-courriers au départ de Paris annulés jeudi

à 15:48
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La compagnie Air France prévoit l'annulation de la moitié de ses vols long-courriers au départ de Paris jeudi, en raison de la grève pour une hausse des salaires qui concernera aussi bien les pilotes que les personnels navigants et au sol.

Air France prévoit d'assurer "75% de son programme de vols", dont "50% de ses vols long-courriers au départ de Paris", "75% de ses vols moyen-courriers au départ et vers Paris-Charles de Gaulle" et "85% de ses vols court-courriers", précise la direction dans un communiqué.

La quasi-totalité des syndicats d'Air France ont appelé pilotes, personnels de cabine et au sol à faire grève jeudi pour réclamer une augmentation générale de 6%, une unité rare qui prend appui sur des résultats d'entreprise en forte hausse.

Le groupe Air France-KLM a affiché un bénéfice d'exploitation en hausse de 42% pour 2017 à 1,488 milliard d'euros, dont 588 millions d'euros pour la partie française.

La direction a mis sur la table un projet d'accord prévoyant une augmentation générale - la première depuis 2011 - de 1% versée en deux temps et une enveloppe d'augmentations individuelles de 1,4% pour les seuls agents au sol.

Le texte, rejeté par une majorité de syndicats, a été mis en œuvre de manière unilatérale par la direction.

Les organisations appelant à la grève ont dénoncé une "aumône" qui, selon elles, "ne pourra compenser l'augmentation du coût de la vie et rattraper les salaires bloqués depuis 2011".

Les revendications des syndicats "ne sont pas raisonnables", a répliqué le PDG d'Air France-KLM, Jean-Marc Janaillac, dans le journal Le Monde.

"Le coût global d'une telle augmentation représenterait environ 240 millions d'euros", a-t-il ajouté.

Un rassemblement est prévu jeudi matin devant le siège de la compagnie à Roissy, où devait se tenir en parallèle un comité central d'entreprise (CCE) dédié principalement à l'analyse des résultats financiers 2017.

La séance se tiendra finalement à Paris, ont appris les représentants du personnel mardi après-midi. Selon eux, la direction souhaite éviter un nouveau "5 octobre 2015", quand le CCE avait été envahi et le directeur des ressources humaines de l'époque, Xavier Broseta, agressé devant les caméras après l'annonce d'un possible plan social.