Apple résiste à une baisse des ventes trimestrielles d’iPhone

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En dépit de sa grande dépendance à l’égard de son produit phare, le groupe parvient à dégager une hausse de son chiffre d’affaires ainsi que de ses profits trimestriels.

Les ventes d’iPhone ont reculé au cours des trois derniers mois par rapport à la même période l’an passé. La nouvelle annoncée par Apple mardi soir à l’occasion de la publication de ses résultats trimestriels, a surpris. Elle semble avoir un peu calmé l’euphorie de Wall Street à l’égard du leader de la technologie. Pour autant Apple, en dépit de sa grande dépendance à l’égard de l’iPhone, parvient à dégager une hausse de son chiffre d’affaires ainsi que de ses profits trimestriels. Aussi pour marquer sa confiance en l’avenir, Apple augmente son dividende de 10, 5% et porte de 175 milliards à 210 milliards de dollars son programme de rachat d’actions sur le marché.

Il reste qu’Apple a vendu 50, 76 millions d’iPhone de janvier à mars, contre 51, 19 millions l’année dernière au même moment. Pour Tim Cook, le patron de la firme de Cupertino (Californie), ce maigre repli s’explique avant tout par la décision de nombreux fans d’Apple d’attendre la sortie d’un nouveau modèle d’iPhone cet automne, anniversaire des 10 ans du gadget. L’explication est rationnelle mais elle ne satisfait pas tout le monde. En effet Apple renouvèle tous les deux ans son principal produit, de manière assez nette. Or dans le passé cette anticipation n’a pas toujours servi d’excuse à un plafonnement des ventes.

L’émergence de modèles chinois moins chers

Pour autant si le repli déçoit, il n’en est pas moins minime: moins d’1%. En outre les recettes tirées de la vente d’iPhone ont tout de même grimpé d’1, 2% grâce à une hausse du prix moyen de vente du portable fétiche. Voilà qui reste honorable dans le contexte de quasi-saturation du marché des smartphones avec l’émergence de modèles chinois, bien moins chers que les iPhone. Dans l’ensemble Apple continue d’afficher des performances extraordinaires même si elles ne sont pas toujours aussi mirifiques que les analystes l’anticipaient. Le chiffre d’affaires trimestriel d’Apple grimpe ainsi de 4, 6% pour atteindre le montant considérable de 52, 90 milliards de dollars qui est un peu moins élevé que prévu. Les marges brutes de l’entreprise atteignent 38, 9% ce qui dépasse légèrement les estimations. Enfin les profits d’Apple se hissent à 11, 03 milliards de dollars, contre 10, 52 l’année dernière. C’est par exemple plus de deux fois les bénéfices affichés au cours du trimestre par Microsoft.

Les pessimistes pointent du doigt le recul de 14% des ventes d’Apple en Chine. Tim Cook maintient cependant que la tendance va se redresser dans les prochains mois. Les optimistes soulignent les performances exceptionnelles d’Apple dans ses activités de «services» qui regroupent les ventes de musique, films, logiciels, apps, ainsi que celles de services de paiement et de stockage de données dans le «cloud». Ce segment représente désormais plus de 7 milliards de dollars de chiffre d’affaires sur trois mois, soit un gain de 17, 5% par rapport à l’année passée. Apple prouve ainsi que le consommateur captif dans son écosystème, dépense de plus en plus et à un rythme qui dépasse celui de la croissance du marché de l’iPhone, de l’iPad et des Mac.

Pierre-Yves Dugua (Le Figaro)