Emploi: les compétences pour réussir ne sont pas celles que vous croyez

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Comment assurer en entreprise lorsqu’on décroche son premier job à la sortie de l’université? Les résultats de l’enquête sont surprenants.

Le centre d’expertise Edhec NewGen Talent Center s’est penché sur la question et leurs résultats risquent de vous surprendre. Car les connaissances métiers, le leadership et la créativité seraient bien loin d’être indispensables à la réussite.

S’adapter, prendre la parole, et avoir envie de bien faire sont des termes qui reviennent souvent dans les témoignages recueillis par Manuelle Malot, directrice de l’Edhec NewGen Talent Center, lors de son étude intitulée Quelles compétences ont été utiles pour la réussite de mon premier emploi. Cette enquête a été menée auprès de 1 480 jeunes diplômés managers et ingénieurs internationaux, qui ont un niveau bac+5 et entre 6 mois et 6 années d’expérience professionnelle. Et quel que soit le sexe, le métier ou le secteur d’activité dans lequel ils évoluent, les trois compétences jugées indispensables à la réussite d’un premier emploi restent les mêmes : le sens du résultat et l’engagement, l’habileté relationnelle, et la capacité à apprendre et se développer en entreprise.
 
S’adapter à toutes les situations
Quand ces jeunes travailleurs arrivent en entreprise, ils doivent faire preuve d’adaptabilité, et d’agilité pour réussir, selon Manuelle Malot. Bien qu’ils aient étudié l’analyse financière, le droit social, et les études marketing à l’école, ils doivent apprendre rapidement pour maîtriser les matériaux et les logiciels qui ne sont pas les mêmes en entreprise. Ils s’adaptent aussi aux différents langages de l’entreprise et aux systèmes d’informations. Ainsi les jeunes travailleurs interrogés estiment que la capacité à apprendre et à se développer en entreprise est une des compétences les plus importantes à adopter.
 
«Il faut parler à tout le monde»
Ensuite les sondés parlent de l’habileté relationnelle. «Il est plus important de demander la bonne information à la bonne personne, plutôt que de vouloir se débrouiller tout seul», explique Manuelle Malot qui est aussi directrice Carrières et Prospective de l’Edhec. L’aisance relationnelle prime selon les interrogés. «Certains nous ont confié qu’ils regrettaient d’avoir manqué de cette aisance au travail, à savoir parler à tout le monde, à la fois aux collaborateurs, et aux fournisseurs, en adaptant à chaque fois ses propos». Selon elle, 98 % des raisons pour lesquelles des jeunes de grandes écoles n’ont pas signé de contrat de travail avec une entreprise, concernent le manque de compétences managériales, d’engagement et d’envie.

Les connaissances métiers moins importantes que les soft skills
La motivation, le sens du résultat et l’engagement représentent ainsi la troisième compétence que doivent adopter les nouveaux venus sur le marché du travail s’ils veulent réussir. « L’envie de réussir et les autres compétences deviennent même plus importantes que les connaissances métiers, affirme Manuelle Malot. Quand les jeunes arrivent en entreprise, ils sont paniqués car ils ne maîtrisent pas tous les outils et s’interrogent sur le savoir-faire pour lequel ils ont été recrutés. Ils ont l’impression de ne pas utiliser leurs connaissances techniques. En réalité ils les utilisent mais ne s’en rendent pas compte ».
 
Les offres d’emploi en décalage avec la réalité
Cette étude, c’est aussi l’occasion de voir le décalage entre le top 3 des compétences que les étudiants pensent primordiales et celles requises par les entreprises lorsqu’elles embauchent. Dans les offres d’emploi et pendant les entretiens d’embauche, elles ont par habitude d’interroger les candidats sur leur leadership, leur capacité d’entraînement, à innover et à créer. L’enquête de l’Edhec NewGen Talent Center montre que ces compétences ont été jugées moins importantes que les autres pour les interrogés en entreprise. Pour Manuelle Malot les entreprises ne donneraient pas l’occasion à leurs nouvelles recrues d’innover au travail.