Le sort du propriétaire de la Samir intrigue le New York Times

à 18:32

"Il possède une grande partie de l’Éthiopie, mais les Saoudiens ne veulent pas dire où ils le cachent". C’est ainsi que le New York Times a titré un long portrait de Mohammed Hussein Al Amoudi, le propriétaire de la raffinerie marocaine actuellement en crise la Samir.

Celui qui a figuré parmi des centaines de milliardaires et de princes détenus en novembre dernier dans un hôtel Ritz-Carlton lors d’une campagne anticorruption menée par le gouvernement saoudien a tout simplement disparu aujourd’hui, rapporte le New York Times le vendredi 16 mars.

Citant le service de presse du cheikh Amoudi, le journal souligne qu’Al Amoudi "était au Ritz-Carlton, mais les membres de sa famille nous ont dit qu'il avait été transféré, avec d'autres personnes, dans un autre hôtel". Et le service de presse d’ajouter : "Malheureusement, nous ne savons pas où. Mais, il est en contact régulier avec sa famille et il est bien traité."

The New York Times relève ainsi que de nombreux autres détenus du Ritz-Carlton à Riyad ont été libérés, notamment le prince Alwaleed Ben Talal, l'investisseur international bien connu ou encore le cousin de cheikh Amoudi, Mohammed Aboud Al Amoudi, promoteur immobilier.

"Mais le cheikh Amoudi, appelé autrefois le plus riche des noirs du monde par Forbes, n'a pas été libéré, laissant un vaste empire qui emploie plus de 70 000 personnes dans les limbes. Il contrôle des entreprises en Éthiopie, où il est le plus grand employeur privé et le plus important bailleur du gouvernement autoritaire, en Suède, où il possède une grande compagnie de carburant, à Londres, qu'il a utilisé comme base pour mettre en place un certain nombre d’entreprises", lit-on dans le long article dédié à Al Amoudi.

Un roturier devenu un puissant parmi les princes 

Selon le journal qui détaille le parcours et les liens tissés par Al Amoudi pour renforcer son influence, le cheikh Al Amoudi, bien qu’il n’ait pas le statut de prince, est "un archétype de ceux qui sont empêtrés dans le jeu du pouvoir du royaume: un milliardaire dont les atouts s'étendent à travers le monde et qui entretient des liens étroits avec les gouvernements précédents".

Dans ce sens, le quotidien s'attarde sur les relations d'Al Amoudi avec le sultan ben Abdel Aziz, qui a servi comme ministre de la Défense et prince héritier avant sa mort en 2011, ou encore ses relations avec un autre de ses alliés, Khalid ben Mahfouz, un milliardaire qui devint plus tard impliqué dans l'effondrement de la Banque du crédit et du commerce international en 1991, à l'époque l'une des plus grandes banques privées du monde.

Le journal new-yorkais dévoile également qu'Al Amoudi a donné des millions de dollars à la Fondation Clinton et a offert son avion privé pour transporter Bill Clinton en Éthiopie en 2011. La même source relève également que ce n'était pas la première fois que le nom d'Al Amoudi apparaissait aux États-Unis. "Trois ans après les attentats du 11 septembre 2001, le propriétaire du World Trade Center a qualifié le cheikh Amoudi de «commanditaire matériel du terrorisme international» en raison de son financement d'organisations caritatives islamiques controversées", peut-on lire dans l'article.