Cybercriminalité: des chefs d'entreprise perdent plus de 150 millions de DH

à 14:24

À scruter les dernières actualités, la cybercriminalité prend de plus en plus d'ampleur au Maroc. Des chefs d'entreprise en ont pâti, perdant de grosses sommes d'argent après que leurs comptes bancaires ont été piratés.

Selon l'édition du jeudi 7 mars du quotidien Assabah, certains hackers se seraient fait passer pour des partenaires étrangers et auraient demandé à des chefs d'entreprise de leur transmettre leurs données personnelles. Ils ont ainsi pu accéder à leurs comptes bancaires et leur soutirer d'importantes sommes d'argent.

D'autres imposteurs envoyaient des messages avec le logo et le slogan de la banque de leurs victimes, leur permettant de récupérer leurs données personnelles et de leur extorquer plusieurs millions de DH. Le quotidien précise d'ailleurs que les montants extorqués par ces cybercriminels, selon les plaintes déposées, dépassaient les 150 millions de DH.

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L'enquête menée par la police en collaboration avec l'Interpol a par ailleurs permis de découvrir, en se basant sur l'IP, que ces cybercriminels vivaient à l'étranger et visaient surtout les entreprises qui ont des partenaires étrangers et qui digitalisent leurs transactions.

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Selon Assabah, la récurrence des plaintes a alarmé les autorités qui ont averti le ministère de l’Industrie, de l’Investissement, du Commerce et de l’Économie numérique. Pour rappel, Moulay Hafid Elalamy avait adressé une lettre au président de la CGEM où il l'avertit de la récurrence de certaines pratiques cybercriminelles ciblant des sociétés nationales.

Dans cette lettre envoyée le 19 février, Moulay Hafid Elalamy expliquait que le mode opératoire de ces escroqueries dites «aux faux ordres de virements» ou «au président» consistait à «pirater dans une première étape, les détails de la situation des créances et factures en instance de paiement de la société ciblée, par rapport à ses partenaires étrangers avec lesquels elle est en relation d’affaires».

Ensuite, les escrocs usurpent l’adresse e-mail de l’un de ces derniers partenaires et envoient un courriel à la société ciblée lui proposant un paiement anticipé de ses créances contre une ristourne attractive, à condition de virer le montant sur un nouveau compte bancaire à l’étranger, et non sur celui où la société a l’habitude de rémunérer les prestations de son vrai partenaire.