Coronavirus: pénurie de masques médicaux dans les pharmacies marocaines

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Plus une bavette médicale à vendre dans les pharmacies de Casablanca! Le produit, essentiel en cette période de risque de contamination au nouveau coronavirus, est pourtant en rupture de stock. Dans près d’une dizaine de pharmacies, H24info a constaté sa disparition. Selon des sources médicales, cette situation perdure depuis près de deux semaines.   

 

Les masques chirurgicaux sont en rupture de stock, affirment plusieurs pharmaciens sous le sceau de l’anonymat sans pour autant donner une explication convaincante de cette situation.

La réponse, selon ces derniers, est à rechercher du côté des fournisseurs des produits paramédicaux. Soumia Bouhar, chargée de clientèle chez la société Nadaf.ma, qui distribue entre autres les masques filtrants, nous a confirmé quant à elle que la rupture de stock persiste depuis des semaines.

Tout en expliquant que Nadaf.ma fait de la revente et non de l’importation, Bouhar nous a fait savoir que «beaucoup sont leurs clients qui demandent en vain des masques respiratoires».

La rupture du stock est également constatée à Rabat et bien d’autres villes, a confié un délégué médical dans une déclaration à H24info.

Du côté des distributeurs de produits parapharmaceutiques, on évite d’évoquer le sujet. Joint par H24info, le Directeur général du premier groupe de distribution de matériel médical, Mehdi Echiguer, a refusé d’infirmer ou de confirmer l’information.

Quelle est donc l’origine de cette rupture de stock qui dure depuis des semaines semant davantage la panique au moment où le coronavirus s’approche de plus en plus du Maroc?

La Chine rafle tout

En rupture de stock dans les pharmacies chinoises depuis les premiers jours de la prolifération de l’épidémie du coronavirus, les masques chirurgicaux sont devenus une denrée rare dans le pays, épicentre de la maladie.

Les entreprises spécialisées dans la production des masques de chirurgie n’ont pas pu répondre à l’envolée de la demande de la population.

Cette situation a poussé beaucoup d’entreprises  chinoises de l’électronique (comme Foxconn), mais aussi du secteur automobile ou de la literie à convertir une partie de leur outil de production.

Une reconversion qui n’a suffi à répondre à une demande de plus d’un milliard de masques jetables par jour dans un pays où le port de bavette était déjà généralisé avant la prolifération de la maladie.

Razzia à Derb Omar

«Comment peuvent-ils faire pour répondre à une telle demande étant donné qu’ils ont beaucoup de mal à reprendre la production dans leurs usines après la prolongation des congés de la fête du printemps à cause du coronavirus?», s’interroge le secrétaire général de l’Union des commerçants et des professionnels de Derb Omar, Said Farah.

«Certains commerçants ont fait une razzia des masques disponibles. Ils les réexportent vers la Chine», nous a-t-il affirmé en précisant que c’est une aubaine inédite pour certains.

 

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«A Derb Omar les masques sont très prisés. Il y a des commerçants preneurs de n’importe quelle quantité et à n’importe quel prix», a-t-il poursuivi.

Selon une autre source à Derb Omar, «les masques dont les prix oscillaient entre 2 et 7 dirhams selon la qualité ont été récupérés à des prix dépassant les 10 dirhams par des spécialistes du négoce qui les ont réexportés en Chine».

Le malheur des Chinois qui a fait le bonheur de certains négociants de Casablanca pourrait avoir de terribles conséquences. L’aubaine pourrait s’avérer en être une fausse si jamais la demande sur les bavettes au Maroc s’envole.