Contrairement aux attentes, l’agroalimentaire se porte mal

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Une étude menée sur les tendances et prévisions pour le secteur de l’agroalimentaire préconise de grosses pertes. La Fédération nationale de l’agroalimentaire (Fenagri) plaide pour quelques mesures pour redresser en urgence le secteur.

«L’industrie agoralimentaire est touchée de plein fouet, avec une baisse de 30% du chiffre d’affaires en avril», des révélations en contradictions avec le postulat optimiste dressé par les décideurs. Cette baisse pourrait d’autant plus s’accentuer si rien n’est fait, avertit une étude menée par le cabinet Valyans et la Fédération nationale de l’agroalimentaire (Fenagri).

L’étude explique d’abord cet écart entre l’optimise du gouvernement et la réalité du terrain qui se traduit par le fait que «cette perception de bonne santé du secteur est principalement due à la confusion entre industrie agroalimentaire et produits de première nécessité. Ces derniers ne représentent que 27% de toute la filière», souligne l’étude citée par le magazine Africa Logistics.

 

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Dans le détail, l’étude évoque une baisse de la demande de 65% pour la «chocolaterie», même tendance par la filière «boisson», une baisse de 60% pour la «biscuiterie», 30% pour la filière «fromage» et une baisse de 20% de la demande sur la filière «thé et café», poursuit la même source. Une tendance à la baisse qui pourrait mener à un «risque de perte de CA de 17,3 milliards de DH», avertit la même source.

Encouragé le consommateur et le produit marocain

Les raisons de cette baisse de la demande intervient suite au confinement obligatoire décrété dans le pays, affirme l’étude, qui évoque également les contraintes logistiques, avec «les restrictions de déplacement intervilles et la fermeture de 40 à 50% des circuits de distribution», précise l’étude.

Face à l’urgence la Fenagri affirme qu’il est nécessaire de mettre en place un plan de stimulation de la demande. Ceci devra se faire en atténuant la pression sur le consommateur, souligne-t-on, avec notamment «la baisse de la TVA sur les produits actuellement taxés de 20% à 10%». Une baisse qui devra se traduire sur les prix de vente consommateurs, note l’étude.

 

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La fédération préconise également de mettre en place un label «Produit marocain», pour «faciliter la reconnaissance et la promotion des produits (…) et augmenter la compétitivité des produits fabriqués localement (…) et orienter la consommation vers les produits locaux».

Aussi, l’étude propose «la réduction pendant un an du taux d’IR de la tranche des revenus 2 500-4 167 DH, de 10% à 5% pour augmenter la capacité de dépense (passant de 125 DH à 208 DH)». L’étude anime également à la distribution de chèque alimentaire de 300 DH/mois pour les personnes au chômage et les bénéficiaires du Ramed.