Les chiffres à connaître sur la relation Maroc-France

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Emmanuel Macron s’est rendu mercredi à Rabat pour une première rencontre avec le roi Mohammed VI. Si cette visite a un cadre principalement «personnel», les deux dirigeants devraient aussi aborder la relation commerciale et humaine privilégiée entre la France et le Maroc.

  • Des liens humains des deux côtés de la Méditerranée

Le Maroc est l’un des pays que les Français privilégient quand ils s’installent durablement à l’étranger. Avec 52.728 expatriés français au Maroc en 2016, un nombre en progression de 3% par rapport à 2015, le Royaume est au 8e rang des destinations d’expatriation des Français, selon les inscriptions au registre des Français à l’étranger. Les binationaux représentent la moitié de cette communauté, selon un rapport parlementaire présenté par Élisabeth Guigou, rapporteure de la commission des Affaires étrangères de l’Assemblée nationale en 2015.

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Réciproquement, la France est le pays où la diaspora marocaine est la plus importante. «La communauté marocaine en France compte 1 500 000 personnes, dont 670 000 binationaux», apprend-on dans ce rapport parlementaire. Soit loin devant l’Espagne (un million), Israël (800 000) ou la Belgique (600 000). Sur 113 608 personnes naturalisées françaises en 2015, 19 110 étaient nées au Maroc, selon les derniers chiffres d’Eurostat. Ce qui fait des Marocains le premier contingent de «nouveaux Français», devant les Algériens et les Tunisiens.

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    Les touristes français aiment toujours le Maroc

Avec la hausse de l’insécurité régionale ces dernières années, les touristes français ont délaissé la Tunisie ou l’Egypte au profit notamment du Portugal… Mais le secteur touristique semble résister au Maroc. Quelque 3,3 millions de touristes français ont visité le pays en 2016. C’est seulement 1% de moins que l’année précédente. Ils représentent 32% des arrivées enregistrées aux postes-frontières du Royaume, contre 36% en 2010. Malgré cette érosion, les Français restent le premier groupe de touristes qui découvrent Marrakech, Fès ou Agadir chaque année.

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A noter toutefois que ces données incluent les Marocains résidents à l’étranger qui viennent séjourner dans leur pays d’origine temporairement. La moitié des 10,3 millions de touristes venus au Maroc en 2016 sont dans ce cas, mais la Direction générale de la sûreté nationale au Maroc ne permet pas de distinguer dans quel pays ils résident de façon permanente.

  • Un partenariat commercial solide… et rééquilibré en 2016

«Depuis 2012, la France est le second partenaire commercial (deuxième fournisseur et deuxième client) du Maroc, derrière l’Espagne», selon le ministère de l’Economie. La part de marché de la France au Maroc «a structurellement baissé depuis 2000 pour atteindre 12,4% en 2015», alors que l’Espagne creuse son avantage (14,4%). Les exportations de la France vers le Maroc ont atteint 4,273 milliards d’euros et les importations 4,249 milliards d’euros. Soit un solde de 24 millions d’euros… contre -319 millions d’euros en 2015.

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«Notre position commerciale se redresse grâce à nos exportations de céréales, tandis que nos importations reflètent toujours plus la montée en gamme de l’offre marocaine», notamment dans le secteur automobile, commentent les Douanes. Au global, importations et exportations ont progressé en 2016 (+4,1% et +13,6% par rapport à 2015). Les importations de «matériels de transport» (+12,4%) et de «produits des industries agroalimentaires» (+7,3%) ont fortement contribué à cette hausse. Les exportations, elles, progressent en raison notamment de l’augmentation des exportations de «produits agricoles, sylvicoles, de la pêche et de l’aquaculture» (+64,4%), notamment les céréales (+72,7%), et des «matériels de transport» (+19%).

  • La France, premier investisseur étranger au Maroc

«La France est de loin le premier investisseur étranger avec un stock d’IDE de 11,9 milliards d’euros en 2014, soit près de la moitié des IDE dans le pays», notait le rapport parlementaire de 2015 déjà mentionné. Les quelque 750 filiales d’entreprises françaises implantées au Maroc embauchent environ 80 000 salariés, selon les dernières données de l’Insee concernant les multinationales tricolores. 55% de ces filiales dépendent du secteur industriel, 33% sont dans les services.

  • Le Maroc, premier bénéficiaire des financements de l’AFD

La France est aussi «le premier bailleur de fonds bilatéral du Maroc», ajoutait le rapport parlementaire. Le Maroc est le premier bénéficiaire des financements de l’Agence française pour le Développement (AFD) dans le monde, avec quelque 600 millions d’euros engagés sur la période 2014-2016. Pourquoi cette accent mis sur le Maroc? Comme l’ensemble de la région, le pays est particulièrement exposé au risque que représente le coût de l’énergie, dispose de ressources publiques limitées et présente un taux record de dépendance aux importations alimentaires, selon l’AFP. Pour sa nouvelle stratégie 2015-2018, l’organisme vise donc trois objectifs: promouvoir une croissance durable, gérer le capital naturel, renforcer la cohésion sociale.

 

Par Marie Simon (Le Figaro)