La Santé et l’Education lourdement épinglés par Driss Jettou

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Crédits photo : MAP.

Driss Jettou, président de la Cour des comptes, a mis en avant plusieurs dysfonctionnements budgétaires lors de la présentation du rapport annuel de son institution mardi 4 juillet au parlement. Les anomalies budgétaires ont été enregistrées au niveau des Finances, la santé, l’enseignement, la formation professionnelle et du régime des retraites.

Selon les données présentées par le président de la Cour des comptes, la dette du trésor de l’État est passée de 629 milliards de dirhams en 2015 à 657 milliards de dirhams en 2016. De plus, une augmentation de plus de 28 milliards de dirhams pour l’endettement a été enregistrée, soit une hausse de 4,5 % par rapport à l’année précédente.

Par ailleurs, 74 comptes disposaient toujours des enveloppes budgétaires mises à leur disposition, dont certains bénéficiaient d’une augmentation d’année en année qui a atteint 122 milliards de dirhams. Preuve du manque de suivi par rapport à l’état d’avancement des projets de ces comptes.

La santé et l’éducation lourdement touchées

La santé dans le secteur public est fortement handicapée du fait que certains centres hospitaliers dans les grandes villes du royaume ne disposent pas des spécialités ORL, mentales et de réanimation, en plus de l’absence totale de services de chirurgie pédiatrique dans certains centres régionaux.
Un autre problème relevé étant celui des longs délais des rendez-vous pour les patients, notamment pour ce qui est de la chirurgie générale, le traitement du diabète et des maladies de l’épiderme qui peuvent aller de 4 à 7 mois d’attente.
Par ailleurs, certains centres ne disposent pas de matériel médical, notamment des scanners, ou ne font pas l’objet d’un entretien régulier.

Le secteur de l’éducation quant à lui subit l’encombrement des classes où le nombre d’élèves dépasse 40 étudiants par classe. Le nombre de classes en surpopulation a ainsi atteint 49.696 classes (tous niveaux confondus).

À ce sujet, Omar Balafrej, député à la première Chambre de la Fédération de la gauche démocratique (FGD) et membre de la commission des finances, nous a déclaré que « les dysfonctionnements relevés ne sont pas chose nouvelle, surtout pour ce qui est de l’enseignement. L’enseignement profite de moins en moins de parts du budget alloué par l’État aux investissements ».

Selon lui, il faudrait inverser la tendance et arrêter le saignement que causent certains secteurs. Le nombre d’élèves dans les classes et la qualité de l’équipement dans le secteur public ne font qu’aggraver la situation de ce secteur primordial à l’évolution du pays.

Il indique que « de nombreuses entreprises étrangères hésitent à investir au Maroc du fait du manque de main-d’œuvre qualifiée ».
Balafrej déclare qu’ »il serait plus sage de revoir le système fiscal de façon à ce que les plus riches contribuent plus dans la redistribution des richesses afin de créer plus d’équité sociale ». Et d’ajouter que le Maroc « dispose d’un grand potentiel pour se hausser parmi les pays en voie de développement, mais qui est malheureusement inexploité ».