Boussaid détaille le processus de diversification des IDE marocains en Afrique

468
Crédit: DR

Le processus de diversification des investissements marocains en Afrique est bel et bien enclenché, a affirmé le ministre de l’Economie et des finances, Mohamed Boussaid, rappelant qu’en 2016, la part de l’industrie a représenté 70% des IDE marocains dans ce continent avec plus de 2,2 milliards de dirhams investis.

Les accords signés récemment indiquent que cette dynamique est bien engagée, a dit Boussaid dans une interview accordée à l’hebdomadaire international Jeune Afrique qui a consacré dans sa dernière livraison un dossier spécial au royaume sous le titre « Maroc: Africa first », notant que ces projets portent sur la production des engrais au Gabon, au Rwanda, en Ethiopie et au Nigéria, sur le ciment dans une dizaine de pays et sur l’industrie pharmaceutique en Côte d’Ivoire et au Rwanda.

Ils portent aussi sur le montage des camions au Sénégal, l’industrie agroalimentaire en Guinée, au Bénin, au Cameroun, en Ethiopie, en Côte d’Ivoire, en Mauritanie et en Tanzanie, ou encore sur la literie notamment en Côte d’Ivoire, a-t-il poursuivi.

Le ministre a en outre soutenu que la demande d’adhésion du Maroc à la CEDEAO est une suite logique du retour du royaume à sa famille institutionnelle africaine, faisant observer que cette adhésion se justifie par la qualité exceptionnelle de ses relations avec plusieurs pays membres de la CEDEAO, en plus des opportunités économiques qu’elle recèle.

« Actuellement la CEDEAO représente 50 à 60% des exportations marocaines vers l’Afrique subsaharienne, mais sa part dans les exportations totales du Maroc, quoique en progression encourageante, demeure limitée », a-t-il indiqué, notant qu’en acquérant le statut de membre à part entière de la CEDEAO, le Maroc aura accès à ce marché en franchise des droits de douane, sans oublier la suppression des obstacles tarifaires.

Boussaid a, par ailleurs noté que la part de l’Afrique subsaharienne dans les exportations marocaines a doublé passant de 3,5% en 2008 à 7% en 2016, expliquant que cette progression est encourageante mais reste en deçà de ce qu’elle pourrait être au regard du foisonnement des accords de partenariat que le Maroc a conclu avec plusieurs pays et groupements régionaux, du potentiel de coopération et des perspectives qui se profilent depuis le retour du Maroc à l’Union Africaine.

Il a aussi cité la multiplication des connexions directes entre le Maroc et ces pays, rappelant que Royal Air Maroc dessert plus de 30 destinations, de même que grâce au port Tanger Med, des liaisons hebdomadaires sont assurées avec près de 35 pays en Afrique de l’ouest.

Boussaid a en outre affirmé que la future zone de libre-échange continentale que l’UA veut mettre en place profiterait du dynamisme de l’économie marocaine et de son positionnement géostratégique auprès des acteurs clés du système mondialisé.

Elle constituerait aussi un levier de diversification de l’offre marocaine exportable, notamment au niveau des marchés dynamiques de l’Afrique australe et de l’Afrique de l’Est, a-t-il fait valoir, soulignant que cette zone consacrerait le statut de hub régional que le Maroc est en train d’édifier dans une multitude de domaines notamment le transport, la finance, la formation et l’éducation.

D’autre part, le ministre a indiqué que la vocation africaine du Maroc relève d’une conviction profonde de la nécessité de renforcer l’intégration régionale dans toutes ses dimensions et ne repose pas sur une vision mercantiliste, ni sur un point de vue strictement financier.

« Les appuis accordés aux pays africains frères revêtent un caractère beaucoup plus institutionnel que financier et n’ont pas d’impact significatif sur les finances publiques de notre pays », a dit le ministre, précisant que l’essentiel de l’appui apporté par le Royaume prend la forme d’assistance technique et de partage d’expertise dans les domaines où il dispose d’un savoir-faire reconnu, notamment dans l’agriculture, l’énergie, la pêche, la formation professionnelle, la logistique, ainsi que dans le cadre des rencontres institutionnelles des différentes commissions mixtes entre le Maroc et ses partenaires africains.