Automobile: le Maroc pour davantage de synergies avec les entreprises espagnoles

Moulay Hafid Elalamy. Crédit: DR

Le Maroc ferait les yeux doux à l’Espagne pour sceller des accords de joint-venture. Une alternative aux investissements français, critiqués, il y a peu, par Bruno Le Maire, actuel ministre français de l’Economie et qui prévoyait même une relocalisation dans l’Hexagone des entreprises françaises installées au Maroc. 

«Le gouvernement marocain souhaite générer des synergies avec le secteur automobile valencien», annonce aujourd’hui le média local Valencia Plaza. Des ambitions tenues secrètes jusqu’ici par l’exécutif marocain, qui a reçu, ce mercredi, le président de la Généralité valencienne, Ximo Puig.

Cette proposition aurait été faite par Moulay Hafid El Alamy, ministre de l’Industrie, du Commerce et de l’Économie Verte et Numérique, confient des sources présentes lors de cette «mission commerciale» de la communauté de Valence au Maroc.

 

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«Il y a un engagement clair au Maroc pour le développement du secteur automobile et ils ont évoqué la possibilité que nos sociétés de composants profitent de leur marché», confient des sources proches du dossier au média espagnol.

Une proposition attrayante pour la communauté autonome où le secteur de l’automobile est en plein essor, s’appropriant ainsi 22,3% des exportations annuelles et qui en 2019 a enregistré un bond de 0,7%, rapporte 20 minutos.

Positionnement géostratégique

 

Cette proposition sera discutée par le Cluster Automobile de la Communauté Valencienne (AVIA), qui accueille en son sein un large réseau d’entreprises, fournisseurs du secteur automobile de la Communauté de Valence.

Depuis cette entité, l’on considère qu’il s’agit d’une réelle «opportunité pour les entreprises valenciennes puisque le Maroc est la porte d’entrée du continent africain». Il sera ainsi question «d’échanger sur nos expériences et nous avons déjà des partenaires qui peuvent guider le reste des entreprises», souligne AVIA.

 

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La communauté, où se niche l’une des plus importantes usines d’Espagne du constructeur automobile américain Ford, voudrait améliorer la compétitivité de ses installations. «En nous associant (au Maroc) on voudrait ne pas rater le train, en ne laissant pas que ces opportunités soient saisies par d’autres pays comme la Pologne ou la Bulgarie et pour aider à améliorer l’écosystème Ford et la compétitivité de l’usine elle-même», expliquent des sources proches du dossier.

«Ils ont l’automobile et nous avons des composants (…) le pays (Maroc) grandit à un rythme vertigineux, de sorte que tous les secteurs de la Communauté ont la capacité d’avoir une présence ici», a déclaré pour sa part le président de la Chambre de commerce de Valence, José Vicente Morata.

En effet, l’automobile n’a pas été l’unique secteur d’opportunité détecté par les Valenciens. L’autre grande annonce faite lors de cette visite a été la promotion par le président de la Généralité valencienne, Ximo Puig, d’un consortium public/privé avec des entreprises valenciennes pour «se qualifier pour le concours public que le Maroc publiera dans les prochains mois pour son projet de lignes ferroviaires de proximité».