Automobile: ces mariages qui durent, et les autres...

à 13:30

Coup de théâtre! L'opération FCA-Renault, susceptible de créer à elle seule le numéro trois mondial de l'automobile avec 8,7 millions de véhicules vendus par an, ne se fera vraisemblablement pas. L'Etat français avait demandé plus de temps pour négocier, en particulier avec Nissan. Fiat-Chrysler a retiré son offre. 

La réorganisation du secteur automobile à coups d'achats, reventes et divorces, est riche en épisodes. Mais les histoires d'amour en automobile finissent mal... en général. Sur le papier, les économies d'échelle et les effets bénéfiques sont évidents. Mais, dans les faits, les constructeurs se heurtent souvent aux cultures d'entreprise, qui rendent les synergies complexes à mettre en oeuvre.

Ces mariages qui ont échoué

1993: Renaut-Volvo, un mariage avorté
Tout juste trois mois de fiançailles entre les deux constructeurs. Les actionnaires de Volvo et une partie du management ont finalement refusé d’entériner le mariage qui, selon eux, cachait le risque à terme de voir la marque suédoise disparaître.

1998-2007: Daimler-Chrysler, un mariage de courte durée
La fusion du siècle, annoncée en 1998, échouera neuf ans plus tard. Le rapprochement tourne vite au vinaigre, sur fond de choc des cultures. Dieter Zetsche se prononce en février 2007 pour un divorce, acté trois mois plus tard: Chrysler est cédé à un fonds américain. Daimler-Benz aura beaucoup perdu dans l'aventure.

2000-2005: GM-Fiat, l'alliance écourtée
Fin des années 90, le groupe italien Fiat va mal et se cherche un allié. L'alliance est scellée début 2000 avec General Motors, qui prend 20% de la branche auto. Cependant, le numéro 1 américain craint d'être contraint à racheter la totalité de Fiat auto à la santé encore précaire. GM préfère mettre fin à l'union en 2005.

2013-2015: PSA-GM, 22 mois d'idylle
L'idylle n'aura duré que 22 mois. Dans les faits, le projet d'alliance n'a jamais vraiment démarré. Dans une situation critique depuis 2 ans, PSA, trop dépendant de l'Europe, imaginait que l'Américain aurait pu relancer sa dynamique. En vain. GM revend ses 7% de PSA. C'est le chinois Dongfeng, et l'Etat français, qui le recapitalisent pour éviter la sortie de route.

Ces mariages qui fonctionnent 

1999: Renault-Nissan, l'amour dure 20 ans ?
Un mariage modèle... s'il parvient à surmonter les tensions créées par l'affaire Carlos Ghosn. Le grand accord franco-japonais conçu en 1999 par Louis Schweitzer, a prospéré grâce au redressement de Nissan. Elargie à Mitsubishi depuis deux ans, l'Alliance revendique le premier rang mondial.

2009: Fiat-Chrysler, ça roule!
Après ses déboires avec GM, Fiat, sous l'impulsion de l'emblématique patron de l'époque Sergio Marchionne, rejoue l'aventure américaine. Les rôles sont inversés:  lâché par Daimler, Chrysler n'a pas résisté à la crise financière et est en dépôt de bilan! Fiat rachète pour une bouchée de pain un groupe qui lui fournit aujourd’hui le gros de ses bénéfices.

2017: PSA-Opel, sur le podium des constructeurs
Le constructeur sochalien, dirigé par Carlos Tavares, réussit un coup de maître en rachetant Opel. Le pari était risqué: Opel venant d'enchaîner 16 années de pertes. L'acquisition va se révéler une réussite le propulsant incontestable numéro deux en Europe.