Après les accusations de MHE, BIM assure s’approvisionner à hauteur de 85% au Maroc

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Les relations commerciales entre le Maroc et la Turquie continuent de se tendre. Après le pressing du ministre de l’Industrie sur Ankara pour réviser l’accord de libre-échange, Moulay Hafid Elalamy, est revenu à la charge, ciblant cette fois l’enseigne turque, accusée de «détruire les petits commerces et de ne pas commercialiser les produits locaux». Les concernés répondent.

«A chaque fois que BIM ouvre dans un quartier, 60 commerces ferment». Cette phrase de Moulay Hafid El Alamy, lors de son allocution devant l’assemblée plénière du parlement le 11 février, a eu l’effet d’une bombe. Le ministre de l’Industrie et du Commerce a vivement critiqué les pratiques du réseau de distribution turc BIM qui serait selon lui, à l’origine de la destruction de la filière des petits commerces et de la faible valorisation de la production locale. Des accusations auxquelles le management de l’enseigne a souhaité répondre. «Seulement 15% de nos produits vendus au Maroc, proviennent de Turquie. Le reste, 85%, est acheté auprès des producteurs locaux», indique Haluk Durtul Uglu, directeur financier de la firme basée à Istanbul.

Selon lui, BIM emploierait «3000 personnes au Maroc, presque toutes marocaines, et les 500 magasins du pays représentent environ 5% du chiffre d’affaires total de l’entreprise». il conclut en insistant sur l’engagement du détaillant à «augmenter les achats auprès des producteurs locaux au Maroc au fil du temps, et nous continuerons à le faire».

 

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Un lourd contentieux commercial entre Rabat et Istanbul est né depuis la fin de l’année 2019, alors que le gouvernement a pris conscience de l’asymétrie structurelle entre les économies des deux pays. «Les relations commerciales ont enregistré un déficit de 18 MMDH, notant que le volume des investissements turcs au Maroc ne dépasse pas 1%».

Moulay Hafid Elalamy a souligné que le différend entre le Maroc et la Turquie est «commercial» et centré principalement sur le textile, rappelant à cet égard que le nombre d’emplois perdus par le Maroc dans ce secteur s’élevait à 19.000 en 2014, 24.000 en 2015, 35.000 en 2016 et 44.000 en 2017.