Akhannouch ne reconnaît plus la FIMALAIT comme représentant de la filière laitière

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La Fédération Interprofessionnelle Marocaine du Lait (FIMALAIT) n’est plus le représentant légal de la filière laitière. Le ministère de l’Agriculture a, après plusieurs mois de blocage au sein des instances dirigeantes de cette fédération, décidé de retirer sa reconnaissance à la FIMALAIT.

La filière laitière a perdu sa représentation légale. La décision du département de Aziz Akhannouch a été entérinée par sa publication au Bulletin officiel du 2 janvier 2020.

Le bulletin ne précise pas pour autant les raisons qui l’ont poussé à prendre une décision qui ne manquera pas d’impacter une filière stratégique désormais sans interprofession. Surtout que la filière est liée à la tutelle par un contrat programme (signé par la Fimalait en tant que représentant légal de la corporation laitière) qui porte sur la période 2015-2020.

Selon une source proche du dossier, la décision de la tutelle aurait pour raison «la nécessaire préservation des deniers publics». «Les blocages au niveau de la gestion de la Fimalait, qui est un groupement de deux fédérations, à savoir la FNIL qui représentant les industriels et la FENEPROL qui représente les producteurs de lait, laissent craindre le pire pour cette interprofession qui est en train de se reconstituer», assure un producteur  de la région de Beni Mellal.

 

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Assurant être sur la même distance par rapport aux différents acteurs de la profession, notre interlocuteur explique que la profession n’arrive pas à se remettre depuis le faussé qui s’est installé entre les grands acteurs de la profession à cause du mouvement du boycott qui a visé le groupe Centrale Danone et qui avait constitué une opportunité pour d’autres acteurs de la profession.

A ce titre, il rappelle que le Président de la FIMALAIT , le PDG de Centrale Danone Didier Lamblin élu président de la Fimalait en juin 2017 en remplacement de Moulay M’Hamed Loultiti, le PDG de COPAG (productrice de Jaouda), n’entretenait pas de bonnes relations avec ce dernier.

 

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Son départ à la retraite à la mi-2019 n’a fait que dégrader davantage la situation de la FIMALAIT avec le blocage des instances dirigeantes.

Il y a aussi le problème entre les deux grandes composantes de cette interprofession : les éleveurs d’un côté et les industriels de l’autre. Depuis l’élection de Abdellah Mekkaoui en tant que président de la FENEPROL, beaucoup de membres de celle-ci ont quitté les instances de l’interprofession, explique la même source.

«La décision de la tutelle tombe à point nommé, il fallait mettre fin à cette situation d’anarchie afin de pousser les opérateurs à se regrouper de nouveau pour l’intérêt de leur interprofession», a-t-il conclut.