Les acteurs de la communication très remontés contre la taxe d'écran

680

Les annonceurs, les agences-conseils en communication, les éditeurs et les régies appellent à la suppression de la «taxe d’écran», dans un communiqué publié ce lundi.
Les acteurs de la communication au Maroc se mobilisent contre la nouvelle taxe sur les annonces publicitaires sur écran. Les annonceurs, les agences-conseils en communication, les éditeurs et les régies ont ainsi appelé les pouvoirs publics à la suppression des dispositions de la nouvelle Loi de Finances 2018 relatives à ces droits de timbre, dans un communiqué publié ce lundi.
«Aujourd’hui plus que jamais, la taxe d’écran constitue une problématique majeure pour tous les acteurs du marché publicitaire marocain, annonceurs, agences conseil en communication, presse électronique et éditeurs de contenus digitaux», précise Mounir Jazouli, président du Groupement des Annonceurs du Maroc.
Du côté des acteurs de la presse, on déplore l’impact négatif de cette taxe sur le développement de la presse, qui entame à peine sa transition numérique. «La transformation digitale de la presse au Maroc est complexe, en l’absence d’un modèle économique pérenne, et sera impactée de plein fouet par cette nouvelle taxe. C’est l’avenir de la presse, une presse que l’on souhaite professionnelle, diversifiée et indépendante, qui est en jeu», a souligné Noureddine Miftah, Président de la Fédération Marocaine des Editeurs de Journaux.
De leur côté les agences de communication pointent du doigt le caractère inique de la taxe, qui touche le secteur de la publicité audiovisuelle et digitale uniquement, et qui vient prélever les ressources d’un secteur vital pour l’économie du pays.
«Le marché publicitaire est un moteur pour l’économie d’un pays et participe puissamment à son développement. 1 dirham dépensé en publicité génère en moyenne 15 DH pour l’économie. Toute démarche visant à développer le marché publicitaire aura un impact positif sur l’ensemble de l’économie du pays, selon un schéma vertueux. A l’inverse, toute taxation additionnelle génèrera une chaîne d’effets négatifs et entravera notamment les efforts de développement de l’économie numérique, antinomique avec la stratégie Maroc Digital 2020», indique l’Union des agences-conseils en communication.
 

Des arguments de poids en faveur plaisent en faveur
de la suppression de la taxe d’écran

Les arguments qui avaient contribué à convaincre le législateur de la nécessité de supprimer la taxe d’écran en 1998 sont toujours d’actualité, et s’inscrivent dans deux logiques principales :

Une logique fiscale et comptable :

  • Cette taxe est contraire au principe de l’égalité de tous devant l’impôt. En effet, elle touche uniquement le secteur de la publicité audiovisuelle. L’affichage, la presse écrite ou la radio par exemple, sont épargnés ;
  • Les sommes en jeu sont modiques, une cinquantaine de millions de dirhams ;
  • Cette taxe complique singulièrement la comptabilité des agences de communication, et pose des problèmes de trésorerie préjudiciables à leur activité.

 

Une logique économique

  • Historiquement, les recettes liées à cette taxe devaient être versées au Fonds de Promotion de l’Audiovisuel pour stimuler la production nationale.Depuis la suppression de la première tranche de cette taxe, deux nouvelles dispositions  sont venues capter les ressources du secteur et ont permis de dynamiser le secteur audiovisuel et de contribuer à son développement :
  • Un nouvel impôt, la Taxe pour la Promotion du Paysage Audiovisuel National (TPPAN) qui contribue bien plus efficacement aux recettes de l’état que ne le fait la taxe d’écran (500 millions de dirhams au lieu de 50) ; et la création du Fonds pour la Promotion du Paysage Audiovisuel, à peu près au même moment, dont la mission était de dynamiser la production cinématographique et le paysage audiovisuel.
  • Un nouveau prélèvement sur les ressources du secteur publicitaire puisque le secteur finance depuis 2008, sur ses fonds propres et dans le cadre de Groupements d’Intérêt Economique, le CIAUMED et le CIRAD, les systèmes de mesure d’audience de la télévision et de la radio au Maroc.