2015, l'année du grand repli pour la Bourse de Casablanca

à 12:00

Après avoir renoué avec la hausse en 2014 et un début d'année promoteur, la Bourse de Casablanca efface l'ensemble des gains engrangés et clôture l'exercice 2015 dans le rouge.

La place casablancaise, qui a commencé l'année sous de bons auspices, a aussitôt écarté ses espoirs de reprise pour s'inscrire, à partir du mois de mars, dans une spirale baissière, plaçant ainsi la contre-performance du Masi à -0,43% à l'issue du premier semestre, à -5,26% au terme du 3ème trimestre, pour que l'indice global termine 2015 sur un repli de 7,22% à 8.925,71 points.

C'est ainsi que le marché a annulé l'ensemble des gains amassés depuis le début d'année pour rejoindre, in-extremis, la zone rouge en l'absence de tout relais de croissance susceptible de sortir le marché de sa profonde léthargie, selon les analystes du Crédit du Maroc Capital (CDMC).

Cette contre-performance de l'indice général s'explique notamment par la dégradation de 32,1% de la masse bénéficiaire semestrielle des sociétés cotées à 9,77 milliards de dirhams (MMDH).

Pour le CDMC, cette dépréciation importante intervient suite aux malaises subis par un nombre non négligeable des sociétés cotées, plus particulièrement le raffineur SAMIR et le promoteur immobilier Alliances, dont les pertes ont lourdement impacté le Masi durant le S1 2015. L'indice, qui est parvenu péniblement à s'extirper une hausse en novembre dernier, a capitalisé durant ce mois la conjonction de plusieurs événements, notamment, la constitution du nouveau tour de table de la Société Gestionnaire de la Bourse de Casablanca.

Ce dernier compte, désormais, les banques (39%), la Caisse de Dépôt et de Gestion (25%), les sociétés de bourse (20%), les compagnies d'assurance (11%) ainsi que Casablanca Finance City (5%). Cette étape, qui marque le lancement d'une réforme importante pour le développement de la place casablancaise, vise entre autres, à rationaliser l'actionnariat de la Bourse et impliquer les principaux intervenants du marché des capitaux dans la définition de sa stratégie de développement, tout en améliorant la structure de gouvernance, le processus de prise de décision et l'efficacité opérationnelle.

Cette opération devra aussi permettra à la Place, à travers la mise en place des infrastructures nécessaires, la gestion du marché au comptant et la prise de participations en tant qu'actionnaire de référence dans les différentes institutions du marché (la future société gestionnaire du marché à terme, la chambre de compensation), affirmer sa vocation de bourse régionale pour l'Afrique du Nord et de l'Ouest, et renforcer son attractivité pour les investisseurs internationaux.

L'année écoulée a été également marquée par l'adoption, en mois de septembre par le Conseil de gouvernement, du projet de loi N 19-14 relatif à la bourse des valeurs, aux sociétés de bourse et aux conseillers en investissement financier (CIF). Ce texte, qui constitue une étape importante dans le lancement de la nouvelle phase de réforme du marché des capitaux, vise à mettre en place de nouvelles structures répondant aux besoins exprimés par les opérateurs de marché et à rapprocher ce marché aux normes et standards internationaux.

Ce projet de loi évoque la création de deux marchés, principal et alternatif, lequel sera dédié aux PME avec des conditions d'accès au marché adaptées aux spécificités de cette catégorie d'entreprises. Le projet de loi 19-14, qui prévoit également la création des compartiments réservés à la négociation des fonds collectifs, notamment les Exchange Traded Funds (ETF), et les fonds immobiliers, parle aussi de la cotation des entreprises étrangères, en permettant aux organismes ou personnes morales n'ayant pas leur siège au Maroc d'être cotés à l'un des compartiments des marchés. 

Le nouveau texte prévoit, par ailleurs, l'encadrement de l'activité des conseillers en investissement et les services d'investissement, à travers l'énumération et la définition des services d'investissements, et l'élargissement des domaines d'action des sociétés de bourse pour toucher aux activités connexes au domaine de l'intermédiation.

S'agissant des introductions en bourse (IPO), la Bourse de Casablanca a terminé l'année sur un match nul, avec deux nouvelles recrues, à savoir: Total Maroc et le spécialiste du courtage en assurances, AFMA, et la radiation des titres du spécialiste de la manutention et du levage, Médiaco Maroc et de la Compagnie générale immobilière (CGI). Il convient, toutefois, de souligner que le retrait, le 30 septembre dernier, du titre de la CGI, l'une des plus importantes sociétés du marché avec plus de 13 MMDH de capitalisation, de la cote, constitue une grosse perte pour la Bourse de Casablanca et pour le secteur immobilier coté, qui n'est plus désormais représenté dans le top 10 des plus grandes capitalisations de la place.

Au moment où le holding industriel marocain, Mutandis, a déjà annoncé son intention de rejoindre la cote casablancaise pour financer son expansion en Afrique où il réalise plus de 20% de son chiffre d'affaires, le marché guette toujours l'introduction en bourse de l'opérateur portuaire, Marsa Maroc, une des plus attendues.