Vidéo. SIEL 2018: la ruée vers les livres religieux

Presque chaque année, les stands proposant des livres religieux font partie des plus visités au Salon International de l’édition et du livre. Ce n’est pas une surprise, les livres religieux et spirituels sont les ouvrages ayant le plus la cote pendant cet événement. Afin d’en avoir le cœur net, nous avons demandé à plusieurs exposants quels livres étaient les préférés des Marocains pendant le SIEL. Reportage.


La 24e édition du Salon International de l’édition et du livre (SIEL) a connu la participation de plus de 700 exposants représentant 45 pays différents. Parmi les titres exposés, 21% sont des œuvres écrites, 16% sont des livres pour enfants, 15% sont des ouvrages traitant des sujets se rapportant aux sciences sociales et 9% seulement sont des livres religieux. Pourtant, de nombreux exposants nous ont affirmé que les livres religieux et spirituels sont les plus vendus au salon.
« Les livres religieux sont sans doute les livres les plus achetés. De nombreuses personnes poursuivant des études islamiques se ruent sur les ouvrages traitant de sujets liés à cette religion », nous explique un des exposants.
Afin de comprendre cette tendance, nous avons recueilli les avis de différents acteurs culturels.
« Les gens ont besoin de sens, ont besoin de lire des choses qui répondent à leurs préoccupations. Malheureusement dans la brèche, on vend à la fois des livres sur la spiritualité et la foi, mais aussi beaucoup de charlatanisme et de récupération politicienne », nous a déclaré l’écrivain et journaliste algérien Kamel Daoud.
Des propos qui rejoignent ceux de Mohammed Kabbaj, bouquiniste à Essaouira:  » Il y a un retour à la religion… Pas seulement dans le Maroc, mais dans plusieurs pays du monde… Parce qu’il y a une certaine crise, comme disait Freud il y a un malaise ».
Mohammed Kabbaj se désole d’ailleurs du nombre, encore très réduit, des visiteurs du SIEL qui s’intéresseraient à la littérature: « Le SIEL est le salon du livre le plus visité au Maroc, mais ce n’est pas forcément celui qui donne le plus de choix aux lecteurs » estime-t-il.
Rencontrée lors du salon, la journaliste, écrivaine et sociologue Sanaa El Aji nous signifie quant à elle qu’il est « impossible de confirmer une tendance particulière sans l’absence d’études et de chiffres précis ».
« Les Marocains ne sont pas une unité homogène. Les Marocains sont une société plurielle où l’on aura des gens qui s’intéressent aux livres religieux, d’autres qui s’intéressent aux livres de poésie… », nous explique-t-elle.