Vidéo. « Sexualité et célibat au Maroc », selon Sanaa El Aji

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Sanaa El Aji nous parle avec passion du contenu de son livre «Sexualité et célibat au Maroc», lors de sa présentation pour la première fois au public, à l’Institut Français de Casablanca. Reportage.

Dans son livre «Sexualité et célibat au Maroc», Sanaa El Aji aborde une question sensible mais pas nouvelle, celle des relations sexuelles préconjugales au Maroc. A travers une étude qui s’est concentrée sur le milieu urbain, la sociologue décode et analyse en profondeur les modes de pensée, de vie et de verbalisation d’une sexualité qui existe et évolue même lorsqu’elle est face à une triple illégitimité (religieuse, légale et sociale). Virginité des hommes et femmes, pornographie et ramadan, Darija et sexe, pensées traditionnalistes, hypocrisie sociale, entre autres… sont des sujets qu’on retrouve dans ce livre de 500 pages édité par « La croisée des chemins ». Cet ouvrage est le résultat de témoignages et réalités sociales étudiés pendant 6 ans.

La première présentation du livre à l’Institut Français de Casablanca a réuni curieux et amoureux de la littérature, autour d’un sujet qui revêt d’une grande importance. Un Sujet que Sanaa El Aji traite d’ailleurs avec toute objectivité, abandonnant le temps de l’écrire, ses propres convictions et sa vision moderniste de la société.

«Ce qui a été le plus dur pour moi, c’est d’abandonner ma casquette de journaliste ainsi que mon propre avis. Très souvent, on me reprochait de vite passer aux conclusions. Je devais donc me défaire de tout un background journalistique», nous a-t-elle confié.

Mais si la sociologue a abandonné la méthode journalistique, ceci ne l’a pas empêché de puiser divers exemples des faits divers et de l’actualité du Maroc. Sanaa a en effet pris le temps d’analyser plusieurs faits survenus dernièrement, tel que l’affaire du viol dans le bus, l’arrestation de Saâd Lmjarred pour viol ou encore la mort dramatique d’Amina Filali. Elle a également déclaré avoir étudié en profondeur la rubrique courrier «Mina lqalb ila lqalb» du quotidien Al Ahdath Al Maghribia, où de nombreux jeunes échangeaient sur leurs problèmes affectifs et sexuels.

«Pendant les années 90, et dans l’absence des réseaux sociaux, cette rubrique était le seul refuge des jeunes qui voulaient partager leurs soucis affectifs et sexuels. Et il y avait toujours ce besoin de s’exprimer», estime Sanaa El Aji.

Il est à noter que la sociologue n’en est pas à son premier livre. Sanaa El Aji a en effet écrit Majnounatou Youssef en 2003 et a contribué à deux livres collectifs: Lettres à un jeune Marocain, publié en 2009 et Femmes et religions, publié quant à lui en 2014.