Vidéo. On a retrouvé la première "mqaddma" à avoir foulé les scènes d'Essaouira

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Avec sa crinière de lionne, sa présence scénique et sa voix puissante, Khadija El Ouarzazia a su se faire une place dans un milieu historiquement dominé par les hommes. Elle chante, danse, joue du tambour et des crotales depuis une vingtaine d’années et est respectée dans le milieu très fermé des maâlem. Reportage.
Si les femmes ont toujours été présentes dans le milieu tagnaouite, rares sont celles qui se produisent publiquement ou jouent d’un instrument dans des troupes masculines. Elles occupent surtout le rôle de « mqaddmas », voyantes-thérapeutes qui jouent et chantent dans des « lilas », seul endroit où elles se produisent en public dans une ambiance intimiste. Khadija El Ouarzazia, elle, a décidé de briser cette règle.
« Jouer d’un instrument n’est pas réservé aux hommes. Les femmes ont elles aussi leur place dans ce milieu. Il m’est arrivé beaucoup de fois de maîtriser un instrument ou une chorale mieux qu’un homme », s’enorgueillit-elle.
Ce talent, elle le doit à sa famille. C’est d’ailleurs durant une lila où jouait son père qu’elle se fait remarquer par le maâlem Merchane qui décide depuis de la prendre sous son aile. C’est avec lui qu’elle fera ses premiers pas sur la scène du festival d’Essaouira. La toute première scène qu’elle a foulée était toutefois à Marseille aux côtés du maâlem Baqbou.
Aujourd’hui, Khadija El Ouarzazia nous avoue être confiante par rapport à l’avenir des femmes marocaines dans cette musique. « Voir des femmes jouer sur scène est devenu monnaie courante. Aujourd’hui, elles sont aussi importantes que les hommes dans ce milieu gnaoui », se réjouit-elle.
Sur scène, Khadija El Ouarzazia ne passe pas inaperçue. En vraie diva, cette native de Casablanca a mis le feu à la soirée du vendredi 22 juin à la scène la plage du festival d’Essaouira.