Vidéo. Avec “Hshouma Project”, Zainab Fasiki tente de briser les tabous

à 16:45

«C’est hshouma d’entrer sur ce site web et c’est hshouma de lire ce livre». C’est ainsi que Zainab Fasiki, bédéiste de 24 ans, nous décrit son nouveau travail de création «Hshouma Project». 

Avec Hshouma Project, Zainab Fasiki entend briser les tabous que l’on retrouve dans la société marocaine. «La seule façon de briser un tabou, c'est d'en parler. Ce projet vise à remplacer le manque d’éducation sexuelle, les tabous à l’école et entre les membres de la famille. Ces sujets sont très importants et méritent d’avoir une plateforme dédiée pour expliquer ces tabous, afin d’éviter les ambiguïtés et incompréhensions», nous explique la diplômée en ingénierie mécanique qui se consacre depuis un an à son art militant.

En clair, ce projet n'est pas qu'un livret de femmes nues, il vise à lancer des livres éducatifs, vidéos, animations, événements et un site web - pour l’instant en anglais - bientôt en darija pour aborder des tabous tels que l'éducation sexuelle, la culture du viol, l'orientation sexuelle, les menstruations, le sexe hors mariage...

 

Ce travail a été réalisé pendant une résidence d'artiste "El Ranchito", en collaboration avec Queens Collective (collectif d'artistes à Marrakech) qui se tenait à Matadero à Madrid, du 21 mai au 29 juin 2018.

Ce n'est pas par hasard que Zainab Fasiki a choisi de s'attaquer aux tabous de la société.  Elle explique que, depuis l'enfance, la "hshouma" a fait partie de son quotidien, à la maison en famille, à l'école et dans les espaces publiques en général. "J'en souffre encore aujourd'hui et c'est pour cela que je fais de mon mieux pour me libérer du patriarcat et du harcèlement", nous confie la jeune femme. Grâce à cette plateforme éducative, gratuite et participative, Zainab souhaite briser tous les tabous pour éviter les problèmes sociaux comme la discrimination et les violences basées sur le genre.

Engagée et pro égalité homme-femme, Zainab Fasiki a mené de nombreuses actions artistiques pour changer les choses dans le pays. Elle a d'ailleurs fondé le collectif Women Power, qui réunit tous les mois 20 filles et des coachs afin de publier prochainement un livret intitulé "Women Power Morocco". "Cette expérience m'a donné l'occasion de rencontrer de nombreuses filles qui m'ont raconté leurs souffrances. Cela m'a inspiré et m'a donné l'envie d'être encore plus créative dans le domaine d'activisme artistique", nous confie la jeune femme qui vient tout juste de terminer un travail collaboratif à Rabat avec le GADEM pour aborder les thèmes du racisme, d'intégration des migrants... Une bande dessinée collaborative sortira prochainement.