Rabat: les photos de Leila Alaoui exposées aux allées de Mahaj Ryad

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Leila Alaoui.

Les allées de Mahaj Ryad à Rabat rendent hommage, jusqu’au 30 juin, à l’artiste marocaine décédée lors des attaques terroristes d’Ouagadougou (Burkina Faso) en janvier 2016, Leila Alaoui, à travers une exposition rassemblant une quarantaine de ses clichés.

Initiée sous le signe « Sur les pas de Leila Alaoui », par le Conseil de la communauté marocaine à l’étranger (CCME), en partenariat avec la Fondation Leila Alaoui, cette exposition, inaugurée vendredi soir, étale une série de portraits de personnes rencontrées par l’artiste durant son parcours exceptionnel de créatrice et de militante pour un monde plus juste et fraternel.

Par ses clichés montrant des femmes portant des Hayeks, des Mlehfas ou des Sbniyas, ainsi que des hommes en Djellaba manipulant des instruments musicaux, Leila Alaoui capture des visages sereins aux regards reflétant une simplicité et une modestie rares de nos jours et traduisant la diversité des communautés du Maroc.

Des textes et des versets coraniques rappelant que l’Islam bannit les actes terroristes et criminels, ont été également affichés lors de cette exposition posthume qui se veut une offrande dans les rues, les villes et les campagnes marocaines pour rappeler que la bête immonde de la haine ne tuera pas les valeurs du vivre ensemble.

« En choisissant d’organiser cette exposition en ce mois béni de Ramadan, nous voulons rendre hommage à la mémoire de Leila Alaoui, martyre de l’immigration, ainsi qu’à toutes les personnes innocentes, qui étaient, comme elle, victimes d’actes terroristes n’ayant aucun lien avec l’Islam, religion de paix et de tolérance », a indiqué le secrétaire général du CCME, Abdallah Boussouf.

Les œuvres de Leila Alaoui, plus de 6000 photos, avaient pour but de montrer certaines réalités sociales à travers divers sujets, tels que les migrations et les identités culturelles, a ajouté M. Idbihi, précisant que Feue Leila portait en son cœur les maux et les souffrances des catégories vulnérables de la société, mis en relief par sa prestigieuse caméra.

Plusieurs hommages ont été livrés par des amis et personnes ayant côtoyé l’artiste disparue, énumérant ses multiples qualités et son engagement et appelant à s’inspirer de son expérience et à poursuivre le travail qu’elle a entamé.

Cette exposition voyagera après le 30 juin, au port de Tanger Med, sur les lieux de prise de ces photos au Maroc, et par la suite à Bruxelles, Paris, Nice, Toulouse et Madrid.

Née en 1982, Leila Alaoui a étudié la photographie à l’université de la ville de New-York. Son travail explorait la construction d’identité, les diversités culturelles et la migration dans l’espace méditerranéen.

Elle utilisait la photographie et l’art vidéo pour exprimer des réalités sociales, à travers un langage visuel qui se situe aux limites du documentaire et des arts plastiques.

Son travail est exposé à travers le monde depuis 2009 et ses photographies ont été publiées dans de nombreux journaux et magazines.

Leila Alaoui a été décorée, à titre posthume, officier de l’ordre du wissam « Al Moukafâa Al Wataniya » -ordre du Mérite national- le 21 août 2016 par SM le Roi Mohammed VI.

La photographe a également été nommée par le ministère de la Culture français, le 13 septembre 2016, commandeur de l’ordre des Arts et des Lettres, le plus haut grade de cette décoration honorifique récompensant les personnes qui se sont distinguées par leur création dans le domaine artistique ou littéraire ou par la contribution apportée au rayonnement des arts et des lettres en France et dans le monde.