Quand Matzneff se délectait du kif marocain

1747
.DR

Au milieu des années 1960, l’écrivain polémique, Gabriel Matzneff, a découvert le haschich au Maroc. Dans une interview donnée il y a plus de trente ans, l’écrivain revient sur sa consommation de drogues dont sa préférée reste «ses amours d’adolescent».

L’écrivain français, Gabriel Matzneff, est visé depuis vendredi par une enquête pour « viol sur mineur », ouverte 24 heures après la sortie du livre de Vanessa Springora, directrice des éditions Julliard, rapporte l’agence AFP.

Avant même sa sortie le 2 janvier, « Le Consentement » a secoué le milieu littéraire et médiatique, en mettant un coup de projecteur sur le lauréat du prix Renaudot de 83 ans et sur ses prétendus agissements pédophiles, il y a de cela plus d’une trentaine d’années.

Durant cette même période l’écrivain, adulé des médias, se livrait volontiers aux confessions. Et c’est ainsi que dans une interview accordée au magazine Lire, dans son numéro 161, datant de février 1989 et titré «Drogue: faut-il en prendre pour mieux écrire ?», Gabriel Matzneff se livre sur sa consommation de drogue avec dix autres écrivains et auteurs français.

Au côté d’anecdotes alléchantes, comme celle de Françoise Sagan interpellée en 1986 par la brigade des stupéfiants, ou encore les expériences hallucinatoires de Philippe Sollers, Gabriel Matzneff, lui vend les bienfaits du «Kif marocain».

Pierre Assouline, auteur de l’enquête, le décrit ainsi: «Ce grand voyageur a beaucoup fumé sous toutes les latitudes: du Kif au Maroc, de l’opium en Thaïlande et à Ceylan, du haschich un peu partout».

Du très bon kif et des femmes à moitié à poil au Maroc

En 1989, il confiait au magazine que «la première fois c’était à Marrakech, il y a une vingtaine d’années (…) du très bon kif», se souvient-il. Il explique aussi qu’il a «toujours préféré les pipes: c’est plus joli pour fumer et, de toute façon, je suis incapable de rouler ne fût-ce qu’une cigarette».

Ses expériences aux hallucinogènes se poursuivront avec la consommation de LSD durant les années 1970. Bien qu’entouré de ses amis, «la sensation est plus forte quand on tient dans ses bras quelqu’un qu’on aime. Ma véritable drogue, ce sont mes amours d’adolescent», disait-il avec nostalgie.

 

Interview accordée au magazine Lire, dans son numéro 161, datant de février 1989 et titré «Drogue : faut-il en prendre pour mieux écrire ?»./H24Info

Mais les aventures et expériences de dépendance ne sont pas les seules où l’écrivain se remémore ses séjours au Maroc. A Marrakech c’est plus son mépris pour les touristes qui ressort, comme il l’explique dans une autre interview accordée à Vice cette fois-ci en 2011.

Dans ce qui paraît être une de ses destinations de choix, le lauréat du prix Renaudot, justifie le mépris des Marocains face à la nudité de certaines touristes femmes. «Je ne méprise personne, je veux juste dire que le tourisme de masse abîme des villes qui étaient autrefois charmantes. Je ne sais pas si vous êtes allé récemment à Marrakech, mais il y a des troupeaux de touristes, ces bonnes femmes qui se promènent à moitié à poil et qui s’étonnent qu’on ne les laisse pas rentrer dans les mosquées, qui s’étonnent d’être méprisées par la population locale», affirmait-il.