Photos et Vidéos. Arabie saoudite : premier film diffusé dans les salles de cinéma depuis 35 ans

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le ministre de la Culture et de l’information Awwad Alawwad et le directeur général d’AMC, Adam Aron.

Ce Mercredi 18 avril, l’Arabie Saoudite lève officiellement l’interdiction des salles de cinéma. À l’affiche des cinémas saoudien, « Black Panthers », le blockbuster des studios Marvel. 

Une projection inédite était réservée aux professionnels de l’industrie, avant l’ouverture au grand public vendredi. C’est dans la nouvelle salle de cinéma AMC, (célèbre chaîne de cinémas américains), qu’a été projeté le blockbuster devant un public mixte.

Cette séance test, accessible uniquement sur invitation, a eu lieu dans le nouveau cinéma du quartier financier «Roi Abdallah» à Ryad. Le royaume ultraconservateur, dont le prince héritier Mohammed ben Salmane s’est engagé dans une série de réformes sociétales, a mis fin l’an dernier à 35 ans d’interdiction des salles de cinéma. Le géant américain AMC Entertainment a obtenu la première licence pour exploiter les salles.

Cette projection rentre dans la vision2030 de l’Arabie Saoudite, en effet son but ouvrir des centaine de cinéma d’ici 2030. D’ailleurs même le groupe britannique VUE a d’ores et déjà signé des partenariats.

De plus, le ministre saoudien de la culture et de l’information en visite à Paris a annoncé officiellement que l’Arabie Saoudite participera au prochain festival de cannes, avec 9 courts-métrages.
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«Bienvenue dans une ère où les films peuvent être vus par les Saoudiens non pas à Bahrein, non pas à Dubai, non pas à Londres… mais à l’intérieur du royaume», a commenté le directeur général de la société américaine, Adam Aron. Avant le début de la projection, il s’est félicité d’un «jour historique» pour son entreprise, ainsi que pour l’Arabie saoudite. Évoquant la trame narrative de « Black Panther » – l’histoire du jeune monarque d’un royaume de fiction situé dans une jungle – M. Aron a ironisé: «c’est l’histoire d’un (jeune) roi qui transforme une nation. Cela peut sembler familier à certains d’entre vous».

Awwad Alawwad, le ministre saoudien de la Culture et de l’Information, accompagné du patron du groupe AMC pour la première projection test de «Black Panther» à Ryad. BANDAR AL-JALOUD/AFP

Selon M. Aron, la vente de tickets pour le grand public doit commencer ce jeudi, pour de premières séances publiques à partir de vendredi. Les autorités locales ont cependant indiqué que les séances test pourraient encore s’étaler sur plusieurs jours, en attendant la mise au point d’un système de billetterie sur internet. Un peu plus tôt, les autorités avaient indiqué que les cinémas pourraient ouvrir leurs portes en mai.
L’Arabie-Saoudite un marché de 32 millions d’habitants jusqu’ici inexploité.
AMC Entertainment, le plus gros exploitant américain de salles de cinéma a signé en décembre un accord d’intention avec le Fonds souverain saoudien pour la construction et l’exploitation des cinémas à travers le royaume. Selon des médias saoudiens, la société prévoit d’ouvrir 40 cinémas dans 15 villes du pays au cours des cinq prochaines années.
Les exploitants cinématographiques ont longtemps considéré le royaume comme le dernier marché de masse inexploité du Moyen-Orient, avec plus de 30 millions d’habitants, dont la majorité a moins de 25 ans. AMC fera face à la concurrence d’autres poids lourds, comme VOX Cinemas, principal exploitant du Moyen-Orient basé à Dubaï.
https://youtu.be/jRIcrTkL-hQ
La levée de l’interdiction des cinémas s’inscrit dans la politique d’ouverture du royaume initiée ces derniers mois par le prince héritier Mohammed Ben Salman, malgré l’opposition des milieux religieux conservateurs. Comme les programmes télévisés, les films projetés au cinéma seront cependant soumis à la censure, qui considère habituellement comme tabous les sujets liés au sexe, à la religion et à la politique.
Avant l’arrivée officielle des cinémas dans le royaume, les Saoudiens étaient jusqu’à présent réduits à voir leurs films préférés dans les multiplexes et autres parcs d’attractions de Dubai ou de Bahrein, où ils dépensent chaque année des milliards de dollars.
Il ne faut pas oublier qu’en Arabie Saoudite les lois sont conservatrices. Selon The Hollywood Reporter, 40 secondes du film ont été coupés par la censure locale, sans qu’aucune raison ne soit avancée.
Avec AFP