Parlement: trois tableaux de Bellamine offerts par Hassan II mystérieusement disparus

Trois œuvres d’art de l’artiste peintre Fouad Bellamine longtemps accrochées au hall du Parlements se sont volatilisées. Ces tableaux faisaient partie d’un don du défunt roi Hassan II à l’Etat marocain pour la mise en valeur du hall du Parlement après sa rénovation par le décorateur français André Pascal

 

Ni l’actuel président de la Chambre des Représentants, Habib El Malki, ni ses prédécesseurs Rachid Talbi Alami, Mustapha Mansouri et Abdelouahed Radi ou encore Ahmed Osman n’ont pu élucider le mystère de la disparition de trois œuvres de l’artiste peintre Fouad Bellamine de la collection du Parlement.

Dans une sortie médiatique, la semaine dernière, Habib El Malki a affirmé qu’il ne savait rien sur la disparition des toiles de l’artiste achetées par feu Hassan II au milieu des années 1980 pour la décoration du hall du Parlement.

Un don de Hassan II

L’affaire a éclaté quand l’artiste peintre a convenu avec le musée Mohammed VI d’art moderne et contemporain de Rabat d’organiser la première rétrospective Fouad Bellamine, prévue au printemps 2020.

Parmi ses œuvres d’art, il a été décidé en concertation avec le directeur du Musée, Abdelaziz Idrissi, d’emprunter les trois tableaux de la collection du Parlement, celle de la Chambre des représentants, à Rabat.

A sa grande surprise, Idrissi a découvert que ses toiles, récupérées par le défunt roi Hassan II pendant la rénovation du siège du parlement début 1985 pour meubler le hall du Parlement, avaient disparu.

Stupéfait, Bellamine se souvient pourtant parfaitement du jour où il a reçu un chèque personnel du souverain, émis par Bank Al-Maghrib, et portant la signature de «Hassan Ben Mohammed».

«Hassan II a fait don à l’Etat marocain de plusieurs peintures, dont les miennes», se souvient l’artiste dans une déclaration à le360.

Bennis confirme dans ses mémoires

La découverte des tableaux disparus a coïncidé avec la publication des mémoires du plus ancien fonctionnaire au Parlement Abdelhay Bennis.

Celui-ci y évoque la disparition de plusieurs œuvres d’art d’une grande valeur du siège du Parlement. Ce qui pousse à s’interroger sur l’identité des auteurs de ce crime, indique Assabah dans son édition du 17 janvier 2020.

Abdelhay Bennis a révélé que juste après la rénovation du siège du Parlement, du 26 décembre 1984 au mois d’avril de 1985, Feu Hassan II avait donné des instructions pour décorer la représentation nationale avec des meubles luxueux y compris les œuvres d’art les plus chères de l’époque. La valeur de celles-ci avait atteint 2 millions de dirhams à l’époque, selon la même source.