Oscars 2018: Mahi Binebine réagit à la polémique sur le choix du film de Nabil Ayouch

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Le choix du dernier film de Nabil Ayouch, Razzia, pour représenter le Maroc aux Oscars 2018 suscite la colère des professionnels du cinéma.

La Chambre Nationale des Producteurs de Films crie au scandale suite au choix du dernier film de Nabil Ayouch, Razzia, pour représenter le Maroc aux Oscars 2018, dans la catégorie du « Meilleur film étranger ».

Les professionnels du cinéma marocain contestent tout d’abord la composition de la Commission de sélection du Centre cinématographique marocain (CCM). «Les membres de cette commission ont été choisis, de manière préméditée, parmi les personnes ayant des relations de travail avec Nabil Ayouch», a confié à H24Info Mohammed Abderrahman Tazi, président de la Chambre Nationale des Producteurs de Films.

En effet, la commission composée de 7 membres est présidée par l’écrivain Mahi Binebine, dont la fille, il faut le souligner, tient l’un des rôles principaux dans Razzia. Cette commission comprend également Mounia Layadi, propriétaire du cinéma Colisée à Marrakech et distributrice du même film, sans parler des réalisatrices Zakia Tahiri et Samia Akariou, qui avaient collaboré avec Ali n’ Productions, la maison de production de Nabil Ayouch.

Egalement contacté par H24Info, Mahi Binebine, quant à lui, déplore une « polémique stérile » qui donne une « bien piètre image » de notre pays. «Il y avait dix films, dont deux qui sortaient du lot. Il s’agit de Pluie de sueurs de Hakim Belabbes et Razzia de Nabil Ayouch. Et parmi ceux-là, nous avons choisi à bulletins secrets, et presque à l’unanimité, celui de Nabil Ayouch», s’est justifié l’artiste marocain, avant d’insister: «Razzia est notre seule chance aux Oscars».

Concernant la composition de la commission, il relève que celle-ci a été nommée il y a trois mois, «alors qu’il n’était même pas question que ce film soit sélectionné». «Nabil Ayouch a une boîte de production, c’est normal qu’il travaille avec tout le monde. En ce qui me concerne, nous sommes liés, oui, nous avons un centre culturel, nous nous battons pour les enfants de Sidi Moumen. Mais dire qu’il y a eu des magouilles est une insulte à mon intégrité», s’est indigné Binebine. Et d’ajouter que Razzia n’a jamais été favorisé par le CCM: «il n’a pas reçu d’avance sur recette et a même été interdit aux moins de 16 ans».

Par ailleurs, la Chambre Nationale des Producteurs de Films a appelé le ministre de la Culture et de la Communication à ouvrir une enquête sur les «multiples manquements et violations de la loi» perpétrés par la direction du CCM depuis trois ans, ainsi que la complication des procédures administratives abusives et iniques qui a fait notoirement régresser la production cinématographique nationale.