Mort d'Ermanno Olmi, monument du cinéma italien et palme d'or en 1978

(FILES) In this file photo taken on September 5, 2008 Italy's director Ermanno Olmi poses with his Golden Lion for lifetime achievement at the 65th Venice International Film Festival in Venice Lido. Olmi, 86, died at the Asiago hospital on May 6, 2018 announced Italy's Culture Minister. / AFP PHOTO / Damien MEYER

Alors que le Festival de Cannes ouvre ses portes mardi, le monde du cinéma est en deuil. Au lendemain de la mort du découvreur de talents Pierre Rissient, le réalisateur italien est décédé à l’âge de 86 ans. Il avait remporté à Cannes la récompense suprême avec L’Arbre aux sabots.
Depuis les années 1960, il faisait partie des grands du cinéma italien. Ermanno Olmi, c’était d’abord une haute silhouette solide de campagnard, amoureux des livres et de la nature. Un visage carré, éclairé par un sourire magnifique de bonté.
Né le 24 juillet 1931, dans la ville italienne de Bergame, Ermanno OImi est issu d’un milieu modeste de paysans venus à la ville. Il entre au lycée des Beaux-Arts puis à l’Accademia d’Arte Drammatica de Milan avant d’être engagé par la compagnie Edison-Volta où il gère les activités de loisirs des salariés.
À la fin des années 1950, il réalise une quarantaine de documentaires consacrée aux difficiles conditions de travail des hommes. Prélude d’un réalisateur au cinéma humaniste, dédié au monde ouvrier et paysan. «En général, pour moi, les films ne naissent pas d’une idée définie, d’un argument préconstruit. C’est la vie qui me les apporte», confiait-il dans une interview au Figaro en 2001. C’est d’ailleurs sur le thème du monde ouvrier qu’il marque son premier succès avec L’Emploi, sorti en 1961. En 1963, il sort son troisième long-métrage, Les Fiancés, un bijou du cinéma italien ressorti en salle l’année dernière:
Palme d’or 1978 avec L’Arbre aux sabots
La véritable reconnaissance arrive en 1978. Olmi obtient la palme d’or au Festival de Cannes pour L’Arbre aux sabots, l’histoire de quatre familles de paysans pauvres à la fin du XIXe siècle. Il sera également lauréat du César du meilleur film étranger l’année d’après. Après une longue maladie, Ermanno Olmi revient en 1987 avec Longue vie à la Signora, Lion d’argent à la Mostra de Venise. Le film raconte la vie de quatre familles de fermiers modestes de Bergame, à la fin du XIXe siècle.
Un an plus tard, il obtient cette fois-ci le Lion d’or avec La Légende du saint buveur. En 2005, il réalise aux côtés de Ken Loach et Abbas Kiarostami, le film Tickets, quasi-huis clos dans un train traversant l’Italie. En 2008, Ermanno Olmi avait reçu un Lion d’or pour l’ensemble de sa carrière au festival de Venise. Alors que la 71e édition du festival de Cannes sera dédiée à Pierre Rissient, un hommage sera certainement rendu à ce monument du cinéma italien.